Politique de solidarité

Retrouvez l’intégralité des interventions sur le budget en vidéo.

 

Conseil municipal de Strasbourg du 8 décembre 2012
Vote du budget 2012

Intervention de Marie-Dominique DREYSSE,
adjointe au Maire et conseillère communautaire
Pour le groupe des élus EELV

 

Monsieur le Maire, Chers collègues,

En ma qualité d’adjointe au Maire en charge des solidarités, et de vice-présidente du CCAS, et au nom des élus d’Europe-Ecologie-Les-Verts, je partage totalement avec vous cette ambition pour le budget 2012 de donner la priorité au vivre-ensemble et à la solidarité.

Oui, la solidarité conditionne toutes nos ambitions pour Strasbourg.

Chacun sait combien est difficile, en cette fin 2011, le contexte économique pour beaucoup de nos concitoyens. L’emploi constitue leur principale préoccupation. Même les salariés ne sont plus aujourd’hui à l’abri de la précarité. Entre la stagnation du pouvoir d’achat, la remise en cause de prestations sociales ou médicales, l’augmentation des charges énergétiques, on peut dire que globalement nos concitoyens sont mis à rude épreuve.

Jamais le chômage n’a été aussi élevé. Jamais n’a été aussi élevé, depuis les années 60, le nombre de ménages situés en-dessous du seuil de pauvreté. Jamais les enfants en situation de grande précarité n’ont été aussi nombreux.

A Strasbourg comme ailleurs, les inégalités sociales et de santé se creusent sous le double effet de la crise financière certes, mais aussi des réponses inadéquates apportées aujourd’hui par le gouvernement en place.

Alors, dans ce contexte social de crise, notre préoccupation est d’utiliser à notre niveau local, municipal, les bons leviers. En évitant les réponses toutes faites qui, importées ou plaquées sur nos réalités locales, ne peuvent être gage de succès, mais en élaborant des réponses sur mesure, judicieusement construites au regard de ces réalités. Des réponses qui mobilisent nos concitoyens, là où ils vivent, pour le mieux-être de tous et de chacun d’entre eux.

C’est tout le sens de la démarche du projet social que nous avons initié voici deux ans et que nous souhaitons décliner dans chaque territoire, dans chaque quartier en 2012, avec les choix budgétaires aujourd’hui présentés.

Un projet social dont le fondement est de « repérer et actionner dans l’ensemble de nos politiques thématiques tous les leviers qui permettent de lutter de façon coordonnée contre les inégalités sociales et de santé, contre les inégalités de territoire également ».

Ainsi dès 2009, c’est la mise en place de la tarification solidaire des transports publics, puis celle de la restauration scolaire, ou l’introduction des clauses sociales dans les marchés publics de façon à favoriser l’économie solidaire… toutes ces mesures participent pleinement de cette lutte contre les inégalités.

Il en est de même lorsque nous ouvrons des lieux d’accueil aux horaires décalés pour les mères ou pères qui travaillent tôt le matin ou tard le soir, lorsque nous réservons des places dans les lieux de la petite enfance pour l’accès aux faibles revenus, lorsque nous construisons des logements sociaux et mettons en œuvre des actions contre les expulsions locatives.

L’ouverture en 2011 de la Maison des adolescents, ou celle des activités sportives dans tous les parcs publics de la ville, la création de jardins partagés ou le soutien que nous apportons à l’association «Tôt ou t’art» pour mener ses actions de médiations culturelles auprès des personnes en insertion, tous ces choix sont des leviers qui font de Strasbourg une ville plus attractive, plus juste et solidaire.

Nous sommes très préoccupés des personnes sans domicile fixe. Particulièrement cet hiver, nous sommes très inquiets du désengagement de l’Etat dans ce domaine qui est de sa compétence. Aujourd’hui, bien que le plan hivernal soit arrêté par le Préfet, sa mobilisation par les services de l’Etat se fait très progressivement, trop progressivement, sur la base de critères restrictifs laissant un grand nombre de familles et de personnes isolées sans toit.

Cela va amplifier les problèmes graves que nos équipes de la direction des solidarités et de la santé et du Centre communal d’action sociale peuvent déjà constater au quotidien : plus de personnes âgées, plus de femmes à la rue, plus de monde dans nos centres médicaux sociaux.

Face à cette urgence sociale, qui précipite un nombre croissant de personnes dont de nombreux jeunes dans la rue, nous avons le devoir d’interpellation de l’Etat, oui, mais nous avons aussi la responsabilité d’agir avec nos propres initiatives. Déjà plus de 30 familles sont mises à l’abri par la collectivité pour pallier l’insuffisance de l’Etat.

Tous les outils qui permettent de rendre moins difficile la vie des personnes sont aujourd’hui à mobiliser. Des innovations sont à rechercher, en particulier dans notre façon de travailler, dans la transversalité, avec le souci que soient impliqués tous les acteurs concernés institutionnels ou non, comme par exemple dans le cadre de la lutte contre les expulsions où les services municipaux sociaux et de l’habitat, ensemble, jouent un rôle clé. C’est là, aussi, la responsabilité de la Ville.

Le nouveau dispositif des aides sociales voté le mois dernier viendra lui aussi, dès janvier 2012, atténuer les difficultés des plus démunis. Ainsi, avec la mise en place de ces outils au service de l’accompagnement des plus démunis ou de ceux qui subissent un accident de parcours, nous faisons le choix d’apporter une réponse personnalisée à chaque situation, et aussi une réponse globale pour des situations plus complexes.

Dans ce sens, l’ouverture en novembre dernier de l’Espace 16 permet d’apporter une réponse d’hébergement transitoire et des pistes d’insertion à plus de 20 familles Roms présentes de longue date à Strasbourg, et dont les enfants sont tous scolarisés.

Notre lutte contre les inégalités passe par cette exigence en termes de réponse efficace du service public rendu aux Strasbourgeois.

Je veux ici rendre hommage aux agents de la ville et les remercier pour leur engagement, particulièrement ceux de la Direction des Solidarités et de la Santé ( près de 500 personnes ), les assistants sociaux, les conseillers sociaux, les conseillères en économie sociale et familiale, et tous les agents dans la diversité de leurs attributions qui, en accueillant  sous l’effet de la crise  quotidiennement plus de 500 personnes ou familles, contribuent à cette ambition que nous avons pour Strasbourg d’être cette ville solidaire  et attentive aux plus vulnérables.

C’est bien le sens de ce budget 2012 qui permet de continuer de tisser ou de re-créer des liens indispensables pour le vivre ensemble, d’apporter des réponses diversifiées, adaptées aux situations de façon équitable, adossées sur les ressources des ménages.

Ce budget nous permet de continuer à soutenir les associations dans leur fonctionnement. Si nous avons le devoir d’impulser une politique de solidarité, il nous faut continuer à soutenir l’ensemble du tissu associatif qui est à nos cotés et agit dans cette lutte pour plus de justice sociale, et pour favoriser le bien vivre ensemble.

Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur un réseau associatif remarquablement actif et nombreux dans sa diversité à Strasbourg, sachons le préserver !

En effet, développer des solidarités concrètes de voisinage, répondre par l’implication de tous afin de mieux vivre tous ensemble, grâce aux expertises de «terrain» des professionnels et des responsables associatifs, c’est possible, tous ensemble, avec la mobilisation de nos partenaires comme nous avons pu le démontrer lors des deuxièmes rencontres le 13 octobre dernier «Strasbourg au carrefour des solidarités».

Cette crise nous donne paradoxalement, parce que nous l’avons décidé, l’opportunité de mieux nous mobiliser pour remettre en cause cet ordre injuste qui semble être établi, d’inventer à Strasbourg un modèle de société plus solidaire et plus durable pour nous et les générations qui vont nous suivre.


Et ce budget 2012, Monsieur le Maire, chers collègues, y contribue fortement.

Remonter