Liberté, égalité, sororité !

Liberté, égalité, sororité !

   A l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Edith Peirotes et Françoise Werckmann, conseillères municipales écologistes de Strasbourg, souhaitent mettre le focus sur les violences faites aux femmes et le sexisme en politique.

  Les chiffres sont effrayants : 75 000, c’est le nombre de femmes victimes de viols, 10% c’est le pourcentage de femmes victimes de violences conjugales, 100% le pourcentage de femmes ayant été victimes d’harcèlement ou d’agressions dans les transports en commun… Malheureusement ces chiffres n’évoluent guère, le problème reste entier.

  Violences, sexisme ordinaire, quotidien, la situation est alarmante, cela doit nous interpeller et nous renforcer dans nos actions de prévention, de soutien, d’accompagnement, d’éducation, de sensibilisation.

En politique aussi, les femmes subissent le sexisme et sont entravées !

  La tribune des journalistes politiques victimes de sexisme avait déjà alerté l’opinion. L’affaire Denis Baupin, qui revient dans l’actualité, a permis de faire sauter une chape de plomb. Classée sans suite au motif de prescription, la justice a bien reconnu des faits pouvant être qualifiés pénalement. Prescription ne vaut pas innocence ! Cela témoigne l’inadaptation des textes en vigueur et la question de la  prescription. La peur doit changer de camp. Il s’agit trop souvent d’une double peine pour les victimes qui voient leurs poursuites, quand elles osent enfin parler, classées sans suite. Il est de notre responsabilité collective d’aider et d’accompagner davantage les victimes et ne plus laisser ces agissements répréhensibles sans conséquences.

  La libération de la parole et les nombreux témoignages le montrent, ces comportements sexistes, ces agressions et ces violences inacceptables sont aussi trop fréquentes dans le monde politique. Ça suffit !

  Ce sexisme en politique s’exprime de manière plus sournoise.  Ainsi, nous constatons que le partage des responsabilités et des prises de parole  reste encore une affaire d’hommes. En témoigne,  le non respect de la parité par les partis, des têtes de listes qui restent majoritairement masculines, des attributions de compétences stéréotypées aux femmes dans des domaines considérés comme plus secondaires : éducation, social…

  De même, qu’en est-il du partage des prises de parole politiques entre les femmes et les hommes ? Force est de constater que cela reste une affaire d’hommes car le débat politique est toujours emprunt d’une prédominance masculine. Les prises de parole des femmes souffrent le plus souvent d’un manque de respect, que ce soit dans le cadre de réunions ou de conseils.

  Nous pensons là au  mansplanning, au manterrupting et au pro-priating :

  • le mansplanning : quand un homme explique quelque chose à une femme sur un ton condescendant ou s’esclaffe quand elle parle,
  • Le manterrupting et le apropriating : c’est le constat que les prises de parole des femmes sont plus souvent interrompues que celles des hommes, qui n’hésitent pas, cependant, à s’approprier leurs idées.

  Refusons tous ces agissements ! La classe politique doit montrer l’exemple à tous les niveaux. L’égalité femme/homme est notre affaire à toutes et tous ! Liberté, égalité, fraternité ajoutons sororité !

 

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