CEMS – 30 06 2017 – Approbation du compte administratif 2016 – AR

Conseil Eurométropole du vendredi 30 juin 2017

Point n°4 : Approbation du compte administratif 2016 de l’Eurométropole de Strasbourg  

Intervention de Abdelkarim Ramdane, co-président du groupe,

Monsieur le Président, mes chères collègues,

Merci Monsieur le Président,

Je me joins à l’émotion témoignée par plusieurs de mes collègues concernant la perte de Simone Weil, cet ancienne déportée a montré son engagement et comment il était important de résister avec force à certains dogmatismes et à certaines pressions notamment avec la montée des populismes un peu partout.

Il n’y a pas de services publics sans agents publics, il n’y a pas de politiques publics sans les femmes et les hommes qui l’incarnent tous les jours. Nous avons tendance à traiter du personnel comme une ligne budgétaire, un poste de dépense, une variable d’ajustement, un coût…

J’interviens car à mon sens, il faut sortir de dogmatisme libéral. Non, le personnel n’est pas une charge, il est une ressource. Non, le personnel n’est pas une simple ligne comptable mais un.e agent qui œuvre tous les jours auprès du public pour le public.

Siégeant au CHSCT depuis janvier dernier, je suis souvent interpelé, par les syndicats, les salariés de notre institution, par les agents du service public sur leurs conditions de travail. Souvent, que ce soit de manière formelle ou informelle, ils nous font part de leur tension, du « burn out » auquel sont soumis certains. Ils tirent la sonnette alarme.

Si nous allons dans le bons sens avec la recherche d’économie, il faut sortir du dogmatisme, de cet objectif brute de sabrer 10% de nos effectif, il est important de recoller le réajuster à nos priorités politiques.

Ce qui revient quasi systématiquement, est une obsession permanente et une pression accrue pour la réduction des effectifs, avec des objectifs appliqués uniformément dans toutes les directions, sans expertises d’usages, sans prendre en compte les réalités de services, ni les priorités politiques. Ce n’est plus acceptable non plus.  Les collectivités publiques ont un devoir d’exemplarité également en matière du personnel.

Nous avons aujourd’hui des agents sous pression, mais nous avons des solutions à travers créations de postes au hasard des économes de flux, au hasard des spécialistes dans la recherche de fonds européens, mais pas que, seraient générateurs d’économies importantes, de ressources nouvelles, seraient très souvent en partie financées par des partenariats avec l’Ademe, avec d’autres agences de l’état et ceux dans tous les domaines.

 Donnons nous ces moyens, nous perdons des millions d’euros chaque année et nous infligeons une pression trop forte sur nos propres services qui ont déjà fait beaucoup d’effort sous l’effet des baisses de dotation. Nous sommes sur le fil. Le taux d’absentéisme en est un symptôme.

Par ailleurs, une réelle question est si l’on en croit le rapport de la cour des comptes en attente, celle de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, c’est une politique RH de long terme qui demande des moyens humains, des ressources, mais qui nous permettra enfin d’avoir un pilotage RH jugé insuffisant par la CRC, et un outil de pilotage dans notre réorganisation. C’est essentiel pour envisager l’adaptation de notre structure aux politiques de demain et aux transferts de compétences. Analyser nos besoins, notre structure, nos ressources, nos leviers, nos manques, y répondre, trouver des solutions, là est l’objectif de la GPEC, nous ne pouvons plus faire sans. C’est un enjeu majeur pour l’avenir du service public.

Il est temps d’avoir une gestion beaucoup plus humaine de nos ressources !

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