CEMS – 30 06 2017 – Approbation du compte administratif 2016 – Mme Dreyssé

Conseil Eurométropole du vendredi 30 juin 2017

Point n°4 : Approbation du compte administratif 2016 de l’Eurométropole de Strasbourg  

Intervention de Marie-Dominique Dreyssé, co-présidente du groupe, conseillère déléguée à l’hébergement d’urgence

Si l’approbation du compte administratif est un exercice traditionnel, c’est aussi l’occasion de faire le point sur une année de l’action publique de notre collectivité et aussi de souligner la qualité du travail rendu par les services.

Pour le groupe écologiste et citoyens, ce compte administratif relève deux choses : une gestion rigoureuse et des engagements tenus: cela s’exprime en 4 points

  • un résultat global avec les budgets annexes à 48,3 millions d’euros,
  • un taux d’épargne brute de 13, 10% au dessus des seuils d’alerte,
  • un niveau d’investissement qui reste élevé à 174 millions d’euros,
  • des taux d’intérêts moyens relativement faibles (2,04%), signe de la confiance de nos partenaires financiers.

* Les engagements sont tenus dans les 4 domaines qui sont le cœur de notre feuille de route commune et qui concentrent une grande part de nos investissements :

– 58 millions pour l’habitat,

– 10 millions pour la transition énergétique,

– 25 millions pour l’attractivité économique,

– 51 millions pour les mobilités.

Ce sont des engagements forts. Oui notre gouvernance porte ses fruits, oui nos priorités se concrétisent. Nous avons des résultats, soyons en fier ! Une illustration ? L’Eurométropole de Strasbourg est redevenu 6ème métropole en termes d’attractivité économique, et dans le « Grand est » elle est le seul territoire qui affiche des créations nettes d’emplois depuis 18 mois.

Si l’année 2016 se montre satisfaisante, pour autant des interrogations fortes peuvent se dessiner dès aujourd’hui pour l’avenir.

En premier lieu au niveau national. Le Président Emmanuel Macron ne se contente plus de la mise en marche, il prescrit  maintenant l’exercice et la diète forcée pour les collectivités : davantage de transferts de compétences, des objectifs de résultats exigeants, et dans le même temps, une absence totale de moyens nouveaux ! Pire encore à venir, des coupes budgétaires supplémentaires mais d’ores et déjà annoncées à hauteur de 10 milliards d’euros, la taxe d’habitation supprimée, tout comme 70 000 postes dans la fonction publique territoriale ! Comment cela  pourra t-il être tenable ? Depuis 2012 nos territoires ont déjà payé un lourd tribu, l’EMS a perdu plus de 60 millions d’euros de dotations de l’Etat, dont 10,7 millions d’euros pour l’année 2016.

L’alerte est sérieuse, cet effet ciseau – des dépenses en plus, des recettes amputées – placerait les métropoles en difficulté alors même qu’elles sont aujourd’hui les locomotives économiques des territoires. C’est une remise en cause de l’autonomie financière des collectivités qui est à craindre et cette entrave annoncée de l’action locale. Nous devons avoir une parole forte pour défendre le rôle et la place des collectivités dans l’échiquier national.

Les choix budgétaires nationaux ne peuvent se cantonner à des visions comptables désincarnées, cela a des répercussions jusque dans la capacité d’agir des services publics. Les services de l’Eurométropole ont déjà fait d’énormes efforts ces dernières années, nous sommes sur le fil et nous sommes inquiets. Des agents sont en tension, nous en faisons tous le constat, ils nous interpellent. Jusqu’à la Cour régionale des comptes elle-même, qui pointe dans son rapport, outre une insuffisance des outils de pilotage RH qui reste à construire, un absentéisme relativement important !  Cela doit nous pousser à la plus grande vigilance et faire évoluer nos méthodes, ajuster différemment les suppressions de poste, et de façon différenciée service par service, mission par mission. Au risque sinon que notre structure s’en trouve fragilisée et le service public malmené.

Des craintes aussi au niveau local, sur les coûts liés à Sénerval.

En 2016 ce sont  26 millions d’euros consacrés au détournement des déchets, et cela va durer encore. Il y a donc urgence à accélérer nos politiques de réductions des déchets. Par tout moyen supplémentaire, que ce soit à travers les partenariats avec l’ADEME ou la mobilisation de fonds européens, qui permettront de financer, même partiellement, quelques postes. tension et surtout permettre la mise en œuvre des politiques tant souhaitées – et souhaitables – pour la réduction et le réemploi des déchets. De plus, ces politiques sont aussi génératrices d’emplois et d’économies sur le territoire de l’Eurométropole, on peut déjà en faire le constat avec le Service d’Intérêt Economique Général sur les TLC (textiles, linges, chaussures), que l’Eurométropole a mis en place avec succès.

Un cap à maintenir ! En 5 directions

  1. Avoir un regard vigilant et attentif sur l’évolution du personnel dans une vision stratégique, avec des choix budgétaires correspondant aux priorités politiques. Des services doivent être renforcés, d’autres réajustés. Une GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) rigoureuse nous y aiderait, il faut l’instaurer.
  2. Maintenir une gestion active de la dette pour profiter des taux favorables et doter la collectivité d’un programme d’investissements vertueux et durable à destination des habitants, et ainsi continuer à agir dans le logement, la transition énergétique, les mobilités durables, la solidarité, l’éducation…
  3. Poursuivre les objectifs de stabilité fiscale, de maîtrise de la dépense publique afin qu’elle soit orientée sur les achats, le contrôle des marchés publics, les DSP ; poursuivre la rationalisation des charges courantes, concernant les consommables, l’énergie qui, rappelons-le, s’élève à 9 millions d’euros chaque année, cela peut être optimisé avec des économes de flux dont les recrutements sont promis depuis maintenant 2 ans…
  4. Renforcer l’évaluation des politiques et des investissements publics en fonction de critères qualitatifs, tels que l’impact social, environnemental, sanitaire, économique, mais aussi les coûts de fonctionnement à moyen et long terme, le renforcement des services de proximité et de qualité rendus au public, et la contribution à la démocratie locale.
  5. Préserver l’égalité et la solidarité territoriale à travers l’attribution de compensation et la dotation de solidarité communale à hauteur de 82 millions d’euros.

Mobiliser tous les financements possibles : fonds européens, appels à projets nationaux, emprunts citoyens… cela doit relever d’une véritable stratégie: Nous avons besoin d’un appui interne de veille et de recherche ! Une vraie cellule interne exclusivement dédié à cela, ce sont des millions d’euros à la clé pour porter nos projets. C’est un investissement humain rentable, ne tardons pas !

Monsieur le Président, mes chèr.es collègues, le groupe des élu.es écologistes et citoyen.nes suivra ce cap volontariste et audacieux pour contribuer à l’action publique de l’Eurométropole.

 

Remonter