Subvention à l’association Le Nid – Intervention de Françoise Werckmann

Monsieur Le maire, mesdames, messieurs les conseillèr.es,

Nous souhaitons retenir ce point concernant la subvention à accorder à l’association Le Nid, dont nous soutenons l’action, pour leur accompagnement des personnes prostituées dans leurs démarches d’accès à la justice, aux soins, à la sécurité sociale, mais qui les accompagne également pour quitter la prostitution.

Qui est en effet plus vulnérable que les personnes prostituées dans une société où une femme sur deux est victime de violences sexuelles ? 1 femme sur deux, pour reprendre la pétition lancée par Caroline de Haas demandant au Président un plan d’urgence pour lutter contre les violences faites aux femmes, pétition signée par 128 000 personnes déjà.

Qui est en effet plus vulnérable  face aux violences physiques et psychologiques que les personnes prostituées,  dans une société, où, depuis le début de l’année, 108 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, 73 955 ont été violées et 508 274 ont été agressées sexuellement ?

Dans un contexte actuel de révélations de ces violences faites aux femmes, nous regrettons l’hypocrisie de certains.es  qui reconnaissent d’un côté l’importance des structures d’accueil, le rôle majeur des associations – comme le Nid – qui font un travail remarquable avec des moyens toujours plus limités, mais qui soutiennent un Gouvernement qui a baissé le budget des droits des femmes, budget le plus faible de tous. Qui soutiennent un Gouvernement qui a présenté un  projet de loi de finances 2018 qui prévoit une baisse des dépenses allouées au dispositif d’accompagnement de sortie de la prostitution voté en 2016.

Or, comme l’a souligné le Collectif féministe, des moyens en moins, c’est l’égalité qui recule. Des moyens en moins, ce sont des femmes victimes en plus.

Face à un Gouvernement qui ne semble pas prendre la gravité de la situation en compte, c’est à nous, en tant qu’élu.e.s de la capitale des droits de l’Homme de prévenir ces violences, de protéger les victimes, et d’accompagner leur reconstruction, comme le fait le Nid.

Nous ne resterons plus silencieux et silencieuses. Il est temps de faire le choix  impératif d’un processus allant vers plus d’égalité, de mettre en œuvre et renforcer les programmes d’éducation, de sensibilisation, de prévention, de lutte contre toutes les formes de discriminations.

Je vous remercie pour votre attention, et vous espère nombreuses et également nombreux demain pour le colloque sur les violences faites aux femmes, car il est urgent qu’Hommes et Femmes combattent ensemble ces comportements et s’affirment féministes, c’est-à-dire défendant l’égalité Femme / Homme.

 

 

Remonter