Terrains synthétiques : appliquons le principe de précaution ! CM du 19/03/2018

Intervention de Françoise Schaetzel, pour le groupe des élu.e.s écologistes

Point 32- Remplacement du revêtement gazon synthétique de l’aire de grands jeux existante au stade de la Canardière

La délibération vise le remplacement du terrain synthétique de la canardière.

Aujourd’hui, les terrains synthétiques sont sous le feu de l’actualité en raison de la dangerosité potentielle des billes majoritairement constituées de caoutchouc fabriquées à base de pneu recyclé : 20 000 pneus sur un seul terrain !

Depuis une dizaine d’années ont été pointés l’amplification des îlots de chaleur qu’elles constituent, la perte de biodiversité que représentent les gazons synthétiques, les risques de contamination des eaux de ruissellement et donc plus largement l’impact sur la pollution environnementale.

Mais ce sont les risques sur la santé, notamment des enfants, que pointent aujourd’hui les études scientifiques. Plusieurs études scientifiques notamment américaines et canadiennes ont montré qu’elles étaient un facteur de risque de maladies chroniques et particulièrement de cancer. En France, l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire)  a été saisie récemment par le gouvernement  sur la question du caractère cancérigène: sa réponse est attendue pour juin prochain

Ces billes sont en effet constituées de plus d’une centaine de substances chimiques  pas très sympathiques : hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), métaux lourds (zinc, chrome…), nanoparticules… L’exposition se fait par contact physique direct (les billes se retrouvent dans les habits, collent à la peau), mais également par l’air, les hydorcarbures par exemple sont volatils. Les enfants du coup, représentent une population particulièrement exposés car plus en contact avec le sol lors de leurs activités physiques et sportives.

Notre municipalité se veut exemplaire sur les questions de santé publique comme en témoigne la signature de la charte « territoire sans perturbateur endocrinien » ou la sortie du plastique dans les cantines scolaires. Nous sommes fièr.es d’être la ville de naissance « du sport – santé », nous ne voulons pas devenir la capitale du « sport nocivité ».

L’enjeu est important. Selon nos informations, une ville comme Strasbourg compte aujourd’hui une vingtaine de terrains synthétiques. Or, des alternatives sont possibles, à base de liège, de noix de cocos

La délibération prévoit la réalisation d’un terrain synthétique avec des billes naturelles. Il en va de la santé de nos enfants notamment.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, montrons la voix : Allons plus loin :

Arrêtons à l’avenir d’acquérir, ce type de terrain tant que les risques environnementaux et pour la santé ne sont pas mieux précisés. Remplaçons-les par les solutions alternatives qui existent bel et bien

En ce qui concerne les parcs existants, lançons, dès maintenant un état des lieux: Un état des lieux précis, qui ne se limite pas, aux terrains de sport : ce type de revêtement est-il par exemple présent dans les parcs pour enfants, dans des espaces publics autres ?  Quel est le cout initial de ces terrains, le cout réel de l’entretien, l’espérance de vie réelle. Mettons en œuvre un plan de remplacement, en se dotant d’un calendrier précis et en donnant la priorité au remplacement à court terme des terrains utilisés par les enfants.

Il en va de notre qualité de vie, il en va de notre santé, il en va de la santé de nos enfants.

 

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