Oui au pacte de la démocratie locale : transformons l’essai ! CM du 16/04/18

Jeanne Barseghian, présidente de groupe à la Ville, pour le groupe des élu.es écologistes

Monsieur le Maire, Mes chèr.es collègues,

Nous allons adopter un nouveau pacte pour la démocratie locale. Cette délibération est importante. Elle est l’aboutissement d’un processus qui s’est étalé sur plus d’un an maintenant sous la conduite de Chantal Cutajar, mobilisant des centaines d’heures d’ateliers, de réunions publiques, plusieurs centaines de citoyen.ne.s, habitant.es, les agents de la collectivité, vous aussi cher.es collègues.

Je voudrais au nom du groupe des élu.es écologistes saluer le travail colossal engagé, sa qualité, l’implication de toutes les parties prenantes. Cette mobilisation forte est le signe d’une attente toute aussi élevée.

Nous sommes sans doute à un tournant. Nous le voyons, la parole des partis, de l’Etat, des collectivités, du politique est souvent mise à mal, délégitimée, remise en question. Depuis des dizaines d’années, lors des campagnes électorales, tous les partis proclament vouloir faire de la politique autrement. Voici l’occasion d’arrêter de le dire, et de le faire.

Bien sûr, ce pacte nous met au pied du mur, mais d’ores et déjà, le processus engagé aura eu plusieurs vertus :

  • Valoriser l’existant, favoriser la transversalité, le dialogue. Et bien oui, faut-il le dire, même en tant qu’élu.e, en tant qu’agent, il arrive qu’on ne soit pas toujours informé.e de ce que fait le /la collègue. Alors comment imaginer que l’habitant.e ait une vision précise et éclairée de ce que fait la collectivité ? Les ateliers citoyens auront ainsi permis de faire tomber certaines barrières, de faire de la pédagogie sur l’existant, en bref, de réduire le fossé et de développer une écoute active entre les uns et les autres, aussi bien à l’interne qu’à l’externe.

 

  • Redonner du sens aux mots  en clarifiant les niveaux de participation : concertation, consultation, information, co-construction, co-décision. Ces mots ont trop souvent été galvaudés, suscitant aujourd’hui défiance, des malentendus, de l’incompréhension. On l’a vu sur des dossiers locaux, par exemple sur le dossier du tram ouest mais il y en a d’autres. Nous avons la chance d’avoir des citoyens actifs mais qui, trop souvent par le passé, ont eu l’impression que tout était joué d’avance, de ne pas être entendus, parfois à juste titre.  Il est temps de corriger le tir. En ré-interrogeant le lien entre les élu.es, l’administration, les élu.es, les habitants, nous pouvons recréer un cadre plus transparent, dans la confiance.

 

  • Revendiquer l’idée du droit à l’expérimentation, et même du droit à l’erreur comme vous l’avez dit Monsieur le Maire à plusieurs reprises. Arrêtons d’avoir peur, et même parfois, arrêtons d’avoir peur d’avoir peur ! A sortir systématiquement les parachutes et autres ceintures de sécurité, nous bridons trop souvent l’innovation, la créativité. Les bonnes idées sont rarement issues de la routine, ou de procédures formalisées. Ce pacte nous rappelle la vertu de la prise de risque.

 

  • Le pacte nous donne des clés et des outils. Droit de pétition renforcé, budget participatif, plateforme numérique, ces projets, que nous appelons depuis longtemps de nos vœux, sont nombreux. Je laisserai le soin à ma collègue écologiste Françoise Werckmann qui s’est très fortement impliquée dans le sommet citoyen,  de développer ces nouveautés.

 

A nous, collectivement de les utiliser, de nous en emparer, pour construire différemment nos politiques publiques et avoir une approche beaucoup plus inclusive, ouverte et participative. Nous avons des exemples autours de nous pour nous guider, par exemple, au sein du conseil de l’ESS, mais aussi du projet européen Urbact BoostInno sur l’innovation sociale qui rend ces conclusions ces jours-ci et nous a permis, entre autres, d’élaborer un guide de la co-construction des politiques publiques. Les ressources ne manquent pas, les envies non plus.

Pierre Mendes France disait que  «  La démocratie, c’est d’abord un état d’esprit ».  Il a raison, la démocratie participative, la démocratie locale, ne peut fonctionner réellement sans la volonté sincère de faire ensemble,  sans la conviction commune que nous sommes une seule et même communauté de femmes et d’hommes au service de notre territoire.

Ensemble, mes cher.es collègues, transformons l’essai.

 

 

 

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