Un Compte Administratif maîtrisé, mais un horizon qui s’assombrit – Conseil EMS du 29/07/2018

Intervention de Marie-Dominique Dreyssé, pour le groupe des élu.es écologistes

Si l’approbation du Compte Administratif est un exercice traditionnel, c’est aussi l’occasion de faire le point sur une année de l’action publique de notre collectivité, d’en avoir une vision bien concrète. Soulignons la qualité du travail rendu par les services, des services fortement mis sous pression par les budgets, saluons leur engagement quotidien.

Pour le groupe des écologistes et citoyens, ce Compte Administratif révèle deux points fondamentaux : une gestion rigoureuse et des engagements tenus.

Le cap fixé au DOB a été maintenu. Il révèle une gestion maîtrisée et rigoureuse :

  • Une dette maîtrisée malgré des investissements importants
  • Une épargne brute préservée, à 15.80% (en hausse)
  • Un encours de dette dans la moyenne des métropoles de taille équivalente,
  • Un taux d’intérêt de 177% : une gestion active de la dette.
  • Une maîtrise des dépenses puisque nous sommes quasiment au niveau de 2014
  • Une capacité de désendettement inférieure à 8 ans.

Ce Compte Administratif est en phase avec les ambitions portées par les élus écologistes :

  • Assurer un toit pour tous et toutes à Strasbourg est l’une de nos priorités : 44 millions pour l’habitat
  • Construire la transition écologique : 10 millions pour l’environnement
  • Renforcer notre réseau performant de mobilités douces et respectueuses de l’envrionnement : 38 millions pour les transports.

Ainsi, le cap est tenu et nous pouvons nous en féliciter.

Mais nous ne pouvons malheureusement pas nous arrêter à ce bilan positif, car l’horizon s’assombrit. Nous assistons à une véritable mise au pas des collectivités, qui ne s’appuie plus uniquement sur la DGF qui est notre principale dotation, mais  menace notre action publique par de multiples biais :

  • Avec la remise en cause de nos ressources propres comme la taxe d’habitation, dont nous ne savons toujours pas comment elle sera compensée,
  • les coups de rabots imposés à certains outils des politiques locales tels les Offices de logements sociaux et plus récemment les Agences de l’eau.
  • Et enfin, nous y reviendrons pleinement lorsque le point sera abordé, mais le plafonnement des dépenses de fonctionnement à +1,2 %, qui empêchera toute initiative politique nouvelle et nous obligera à des coupes sévères pour rester sous ce plafond de dépenses.

Alors que ce compte administratif montre que notre territoire a réussi à faire la preuve de son sens des responsabilités tout en concrétisant ses priorités vers une transition écologique et solidaire, notre action locale est en péril à cause de cette marche forcée vers la recentralisation.

Deux points de forte vigilance :

1) Non content du bilan déjà désastreux de la baisse des dotations aux collectivités sous le mandat présidentiel précédent qui a eu pour effet rappelons-le une réduction de leur volume d’investissement de 6,6 % alors que les collectivités locales sont à l’origine de plus de 70 % de l’investissement public et que cet investissement est parmi les grands pourvoyeurs d’emplois – l’Etat met en péril notre action publique et nos projets, alors même que nous tenons le cap de nos priorités tout en maîtrisant nos dépenses.

2) Mais surtout, cette pression budgétaire pèse sur nos personnels, déjà en difficulté et à la limite de la rupture. En tant que collectivité employeur, l’alerte est bien là et nous ne pouvons pas l’accepter. Nous devons rester collectivement vigilants, c’est pourquoi nous demandons de reprendre la mise en œuvre de la délibération-cadre sur l’avenir du service public local et l’adapter aux nouvelles réalités pour garantir des conditions de travail des agentes et agents.

Pour finir, n’oublions pas que nous avons des comptes à rendre aux habitant.es, ils et elles nous ont accordé leur confiance. C’est pour eux – et avec eux que nous nous engageons dans la transition. Sans trahir les habitants et le personnel de l’Eurométropole, ne nous trompons pas dans nos choix pour continuer à garantir un service public fort.

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