Le Gouvernement s’attaque au service public local ! – tribune de Jean Werlen, parue dans les DNA le 14/07/2018

Co-Président du groupe des élu.es écologistes à la Ville de Strasbourg, Jean Werlen revient sur le refus des écologistes de signer le contrat financier avec l’Etat, lors du conseil municipal du 25 juin. Ce qui a valu la suspension partielle par le Maire des délégations des deux adjoint.es écologistes, Marie-Dominique Dreyssé et Alain Jund.

Structures de la petite enfance, périscolaire, écoles, accès au logement, soutien aux personnes en précarité, vie associative, piscines, bibliothèques, transports collectifs, enlèvement des ordures ménagères….La liste est longue et les collectivités locales sont plus que jamais en première ligne face aux besoins et aux attentes des habitants.e.s. Améliorer la vie quotidienne constitue le défi et l’exigence pour les communes et leurs élu.e.s.
Aujourd’hui cela est remis en cause par le « Pacte » financier imposé par le gouvernement. Triple peine pour Strasbourg et les Strasbourgeois.e.s.

Les services à la population en danger!
Notre service public local est menacé. Ce sont d’abord les habitant.e.s qui sont pénalisé.es. Ce que
Nous impose l’Etat est irréaliste :comment plafonner nos dépenses de fonctionnement sans prendre en compte l’augmentation de la popularité, les nouveaux besoins societaux et encore les transferts de compétence sans contrepartie ? Un exemple : l’Etat dédouble les classes de CP dans des quartiers, c’est la commune qui paie les locaux, les travaux, l’entretien voire le personnel ( ATSEM)…L’augmentation de la dépense est mécaniquement, sauf a externalisée de plus en plus, à privatiser les services à la population, à précariser l’es agent.e.s de la ville dont certain.e.s sont déjà au bord de la rupture. Ce n’est pas acceptable. Déjà avec les baisses de dotations de m’Etat depuis 2010, la ville, responsable a rationalisé ses dépenses, cherché des économies; aujourd’hui elle n’a plus de marge de manœuvre, au risque de fragiliser encore le service public.

Un déni de démocratie.
Ce « contrat » n’en est pas un. Imposée unilatéralement et arbitrairement, il est une vraie remise en cause de l’autonomie des collectivités.Depuis 1982, une réelle dynamique de décentralisation s’est développée, donnant aux communes, aux intercommunalites, aux départements et aux régions une maîtrise de leur destin et une légitimité démocratique. Nous voilà revenu.es aujourd’hui au contrôle bureaucratique des agent.e.s de Bercy et de de l’inspection des finances sur les
Budgets et politiques locales. Tout dépassement sera suivi de sanctions financières. Ce vieux monde est de retour, et nous le croyions pourtant révolu !

Pieds et poings liés !
Dans un monde qui change, plus que jamais les collectivités doivent avoir les mains libres pour apporter des réponses efficaces dans le domaine social, environnemental et économique. Moteurs de l’emploi local et des transitions, elles doivent conserver leur liberté d’action et d’innovation. Comment y arriver si on leur interdit désormais d’aller chercher de nouveaux financements auprès de l’Europe (transition énergétique,innovation, solidarité), de lAgence Régionale de Santé pour la santé publique et environnementale, ou de répondre à de appels à projet de l’Etat lui même ( logement d’abord, économie sociale et solidaire, énergies…)? Comment pallier les carences de l’Etat par exemple pour l’hébergement t la solidarité avec les migrant.e.s ?
Notre équipe muni a été élue sur un programme, sur des engagements et des objectifs.Nous sommes toutes et tous attaché.e.sa la sobriété budgétaire et à la
bonne gestion de l’argent public.Mais pas à n’importe quel prix.

Ce Pacte financier va à l’encontre des intérêts de Strasbourg et des strasbourgeois.e.s.
Alors que l’ensemble des associations d’élu.e.s ( régions, départements et communes) viennent de boycotter la Conférence des Territoires lancée par le Premier Ministre, les élus.e.s écologistes sont convaincu.e.s que le gouvernement doit revoir sa copie.

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