Raccordement de l’A4 au Contournement Ouest de Strasbourg – CM du 15/10/2018

Alain Jund, pour le groupe des élu.e.s écologistes

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

25,9 °c, ce dimanche à Strasbourg…

25,9 °c…Jamais, depuis que les relevés de températures existent, nous n’avons eu un 13 octobre aussi chaud.

Après l’été caniculaire, on pourrait dire que ce sont les charmes de l’été indien, mais rappelons tout de même qu’en Alsace, une partie de nos communes fait l’objet d’un arrêté préfectoral restreignant drastiquement l’usage de l’eau…rien que cela !

Les températures relevées ces derniers jours à Strasbourg correspondent aux moyennes observées…à Alger.

Le pire est devant nous (dixit Meteo France) si nous ne changeons pas de trajectoire.

Et je reprendrai donc, Monsieur le Maire, un adage qui vous est cher «  penser global et agir local ».

Nous ne pouvons in-définitivement évacuer les responsabilités du dérèglement climatique ailleurs ! Nous le fabriquons « également » ici et maintenant.

Cette délibération est paradoxale et incompréhensible…on veut nous faire compensé un projet inutile.

Les promoteurs du GCO se revendiquent toujours de la DUP de 2008. Or cette DUP ne prévoyait pas, bien au contraire, un échangeur aussi dévastateur pour la forêt. 12 hectares supplémentaires inutilement….pour un rond point dit en trèfle. Je vous invite chacune et chacun à prendre un peu de temps pour lire et approfondir votre lecture du dossier.

En 2013, il y a eu un accord entre les collectivités (Région, Département, CUS) afin de ne pas «  contribuer » au GCO. Engagement oublié chacun y va de sa contribution…y compris dans une période où l’argent public est rare.

Mesdames et Messieurs, on peut changer d’avis sur un projet mais là nous passons du « complètement contre » à faire du « zèle pour ». Voilà donc que le GCO devient une chance pour la biodiversité……les bras m’en tombent. Comment voulez-vous que nos concitoyens aient confiance en leurs élus si les élus ne tiennent pas la parole donnée.

Bref, nous voilà donc devenus des sous-traitants de la SANEF afin qu’en terme de compensations (inutiles) le projet de Vinci puisse se réaliser.

 

Ce projet est inutile et nocif :

– Toutes les études, toutes les études ont conclues aux mêmes chiffres : le GCO diminuerait le trafic de 4 à 6 % sur l’A35. Nous passerions de 165.000 à 149.000 véhicules par jour. Bonjour le désengorgement, bonjour la fin des bouchons…les chiffres sont têtus !

– Qui peut croire un seul instant en un boulevard urbain avec 140.000 (allez je solde même à 120.000) véhicules par jour. La route du Rhin ce sont 40.000 véhicules alors en parlant de boulevard urbain….il y a tromperie sur la marchandise.

– Qui peut croire un seul instant que ce projet va améliorer la  qualité de l’air sur l’agglomération….je vous invite à lire l’étude d’ATMO Grand Est. Soyons sérieux envers nos concitoyens.

Enfin, ce projet, avec notamment cet échangeur, l’Alsace est destinée à devenir un grand couloir à camions.

De Karlsruhe à Belfort, il  deviendra deux fois moins cher de passer en Alsace avec un camion, et plus le camion sera polluant plus intéressant il sera de passer à côté de chez nous.

Nous deviendrions donc le réceptacle à camions entre le Nord et le sud de l’Europe.

Est-ce que c’est cela le destin de Strasbourg que d’augmenter notablement le nombre de camions avec la pollution, l’usure des routes et l’accidentologie.

En 1989, Strasbourg avait en matière de transport pris 20 ans d’avance…et là nous prendrons un demi-siècle de retard.

 

Les élus écologistes voteront contre cette délibération.

Mais j’en appelle ici à votre bon sens ; A votre sens des responsabilités ; A votre attachement à l’intérêt général ; A votre inter à notre avenir commun, à celui de nos enfants et de nos petits-enfants.

En 2018, on ne peut pas compenser un projet néfaste et inutile. En 2018, on ne lutte contre le dérèglement climatique en construisant une autoroute.

 

Le rapport du GIEC paru il y a une semaine nous oblige à changer la donne.

Notre sens de la responsabilité nous impose de commencer devant chez nous !

 

 

 

 

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