Un budget pour réduire les inégalités sociales et lutter contre le dérèglement climatique ! CM du 19/11/18

Jeanne Barseghian, pour le groupe des élu.e.s écologistes

Monsieur le Maire, mes cher.es collègues,

Merci pour la présentation faite par notre collègue Serge Oehler et pour le travail de qualité réalisé par les services des finances sous la direction de Katell Parent.

Ce débat d’orientation budgétaire est un passage obligé, chaque année, et on pourrait se contenter d’en faire un exercice classique et de commenter les chiffres qui nous sont présentés. Sauf que ce serait oublier à quoi doit servir un débat d’orientation budgétaire. Il sert avant toute chose à  montrer quel est le cap de l’équipe municipale !

Ici et comme les années précédentes, notre groupe regrette que les éléments de cadrage se cantonnent à des considérations financières. Certes, celles-ci sont plutôt rassurantes et nous pouvons nous féliciter d’une gestion responsable et prudente.

Mais ce que nous aimerions bien voir dans ces documents, nous ne le voyons pas.

Une bonne note de l’agence Fitch, qu’il s’agisse d’un AA ou même d’un AAA+++, ne nous renseigne pas sur la qualité du service public rendu, sur la qualité de vie des habitant.es, ni sur le bien-être des agent.es de notre collectivité au travail. Pardon de le dire ainsi mais une bonne note chez Fitch n’est pas un projet politique !

Ce débat budgétaire se fait dans un contexte compliqué de recentralisation, que nous ne pouvons que dénoncer une fois encore. Recentralisation amorcée sous l’ancien quinquennat et amplifiée par l’actuel gouvernement en Marche. Des efforts sans précédent ont déjà été réalisés par les collectivités ces dernières années suite aux baisses de la dotation – nous n’y avons pas échappé – et voilà qu’aujourd’hui on réduit notre autonomie fiscale, on plafonne arbitrairement nos dépenses  avec un « Pacte » financier. On nous met au pas comme si nous étions de mauvais gestionnaires (alors que dans ce domaine, nous n’avons pas vraiment de leçon à recevoir de l’Etat qui creuse le déficit qu’il a lui-même aggravé en supprimant l’ISF !).

Alors j’anticipe, on me répondra sûrement que les recettes de la taxe d’habitation sont compensées (pour l’instant); on me dira que nous parvenons à rester sous la barre des 1,2% imposés par l’Etat. Formidable. Mais à quel prix ? Avec quelles conséquences ?

Ici je souhaite attirer votre attention sur un point qui est un vrai point d’alerte pour le groupe des élu.es écologistes, et nous l’avons souligné à plusieurs reprises. : il s’agit des conditions de travail des agent.es de la collectivité. Plus encore que les années précédentes, nous interrogeons la suppression de plusieurs centaines de postes depuis le début du mandat. Nous interrogeons la capacité de notre administration à mener ses missions de service public avec des moyens toujours réduits, avec des vacances de postes beaucoup trop longues et une charge de travail qui croît. Cette question ne doit pas être taboue. Ne faisons pas les choses à l’envers. On a un peu l’impression qu’on a commencé à supprimer des postes, et que seulement ensuite on a cherché à voir comment cela pouvait être tenable pour nos services. Une telle logique n’est pas acceptable : le bien-être des agent.es, leur reconnaissance, leur montée en compétences, sont prioritaires et ces chantiers doivent être menés avec eux.

Pour les élu.es écologistes, deux défis majeurs sont devant nous en cette fin d’année 2018 : la réduction des inégalités sociales et la lutte contre le changement climatique.

Il faut entendre la grogne qui grandit en France dans les territoires – aussi bien urbains que ruraux – où il n’y a plus aucun service de proximité : plus de commerce, plus de transports collectifs, plus de bureau de poste, plus de travail. Il faut entendre la désespérance des personnes qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Comment faire chaque mois quand on a plus assez pour se chauffer, pour se loger, pour acheter à manger, pour se déplacer ?

L’Etat bride l’action locale alors que c’est justement là que sont les solutions. Car les collectivités sont les principaux acteurs de stabilité et de solidarité des territoires. Nos voisins européens l’ont compris depuis longtemps, une large autonomie des collectivités locales est un véritable atout pour le dynamisme économique et social des États. Et ce sont aussi les collectivités qui sont aujourd’hui aux premières loges pour mener la transition écologique. C’est le deuxième défi.

Le changement climatique. Monsieur le Maire, mes cher.es collègues, à la veille de la COP 24, tous les experts internationaux le disent. Il nous reste très peu de temps pour éviter la catastrophe, les catastrophes. Catastrophe humanitaire et sanitaire, catastrophe écologique, effondrement de la biodiversité. Une lueur d’espoir dans l’alarmant rapport du GIEC : il serait possible de contenir le réchauffement climatique en-deçà de 2 degrés à l’horizon 2100, mais seulement si nous mettons dans la balance des moyens à la hauteur de ce défi. En l’occurrence 900 milliards de dollars par an.

Alors bien sûr, le sort de l’humanité n’est pas entre les mains de la Ville de Strasbourg, mais notre Ville doit prendre toute sa part dans ce combat. En tant qu’élu.es, nous avons cette responsabilité. Nos budgets futurs doivent traduire ce défi en actes.

Cela fait plus de quatre ans que nous agissons pour changer la ville. En matière de démocratie, de solidarité, d’éducation, d’environnement, d’urbanisme. Le bon cap a été pris et nous le voyons ici à travers plusieurs investissements : écoles, culture, hébergement d’urgence ou encore la future maison du sport-santé et le budget participatif, véritable outil de démocratie locale.

Mais il reste encore beaucoup à faire pour améliorer le cadre de vie, végétaliser notre ville, lutter contre la pollution de l’air, mener la transition énergétique, créer les emplois dans les quartiers, donner accès au logement pour tou.tes. Autant de chantiers que nos orientations budgétaires doivent nous permettre de mener avec ambition.

En conclusion, la seule question qui importe vraiment, c’est que ce budget réponde aux besoins du présent et nous prépare à l’avenir.

Qu’il nous permette d’accélérer les circuits courts de proximité ou les énergies renouvelables, qui  garantiront notre avenir demain. Que nous puissions faire face aux sécheresses, aux tempêtes toujours plus fréquentes. Que nous puissions accueillir celles et ceux qui en ont besoin dans des conditions dignes.

Voilà ce qui doit nous guider.

Notre responsabilité est de faire une ville hospitalière et accueillante, une ville écologique et solidaire du 21ème siècle.

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