Déchets : l’incinération n’est pas l’avenir ! Tribune DNA du 23 nov. 2018

En pleine semaine européenne de réduction des déchets et à quelques mois de la réouverture de l’incinérateur, les élu.es écologistes Françoise Schaetzel et Jeanne Barseghian proposent un plan de sortie de l’incinération pour l’Eurométropole de Strasbourg.

3 ans de travaux, 195 millions d’euros de surcoût – soit 20% du budget annuel de l’Eurométropole – dont 65 pour détourner plusieurs centaines de milliers de tonnes de déchets vers d’autres territoires. Voilà les conséquences de l’arrêt de l’usine d’incinération pendant son désamiantage. Face au risque amiante, ces travaux étaient nécessaires, il n’y a pas de doute là-dessus. Cette « crise de l’incinérateur » aura eu une vertu : réinterroger globalement la politique des déchets de l’Eurométropole et la vocation de cette usine.

Poussée par plusieurs élu.es, au premier rang desquel.les les élu.es écologistes, l’Eurométropole s’est engagée en 2016 dans une politique ambitieuse Territoire Zéro Déchet Zéro Gaspillage. Les premières actions lancées en 2017 commencent à porter leurs fruits : lutte contre le gaspillage alimentaire, alternatives au jetable, développement de la réparation et du réemploi, expérimentation de solutions de collecte des biodéchets, amélioration du recyclage et bien sûr, premiers jalons d’une future tarification des déchets plus juste et plus vertueuse. On le voit, la production de déchets par habitant décroît lentement et les acteurs du territoire, entreprises, économie sociale et solidaire, bailleurs, associations, citoyen.nes deviennent ambassadeurs du Zéro Déchet.

Sortir de l’incinération

Si cette trajectoire se confirme comme nous l’espérons, la part des déchets incinérés se réduira inéluctablement dans les prochaines années. Notre incinérateur sera alors surdimensionné  avec ses 3 fours. Les prospectives montrent clairement que d’ici 2025, 2 fours suffiront à l’Eurométropole et aux collectivités environnantes.

Pour anticiper ces évolutions, il faut élaborer un plan de sortie de l’incinération à l’horizon 2035, compatible avec les objectifs Zéro Déchet. Nous demandons, dès la réouverture de Sénerval en 2019, de contrôler strictement la nature et l’origine des déchets des collectivités et des entreprises qui y seront brûlés : accès réservé aux déchets ultimes qui ne peuvent pas être réutilisés ou recyclés; accès réservé aux déchets produits à moins d’une heure de transport de l’usine.

 Qualité de lair et santé

De même que nous refusons l’exportation des déchets eurométropolitains, refusons que les futurs vides de fours drainent ici les déchets de tout le Grand Est, voire même plus loin, imposant une augmentation des camions, au détriment de la qualité de l’air.

Les évolutions technologiques concernant les filtres ont permis de réduire l’impact des usines d’incinération sur la pollution atmosphérique, si l’on prend en compte les valeurs limites d’émissions règlementaires actuelles des différents polluants. Restons cependant vigilants et face aux dérives anciennes et à la perte de crédibilité, proposons aux associations de choisir ensemble les sites de prélèvements de la qualité de l’air.

A l’heure du défi climatique, nous n’acceptons pas de considérer l’incinération de ressources comme une énergie « renouvelable » dont dépendent nos entreprises et nos réseaux de chaleur urbains.

Pour les élu.es écologistes, l’Eurométropole doit être cohérente avec ses propres objectifs et montrer l’exemple !

 

 

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