Le sens de l’histoire, c’est la réduction de la part de l’incinération – Conseil de l’EMS du 23/11/2018

Jeanne barseghian, pour le groupe des élu.e.s écologistes

Monsieur le Président, mes cher.e.s collègues,

La position des élu.es écologistes sur la politique déchets de l’Eurométropole a toujours été constante.  Depuis le début, nous soutenons 2 axes et je crois que, avec ou sans délégations, nous contribuons activement à leur mise en oeuvre :

  • 1er axe : Accélérer et confirmer les objectifs du Territoire Zéro Déchet Zéro Gaspillage, avec encore 2 actions essentielles à impulser d’ici la fin du mandat : la collecte des déchets organiques et la tarification incitative (réduire au max la poubelle bleue – tendance à la baisse, tant mieux). J’en profite, puisque nous sommes en pleine semaine européenne de réduction des déchets, pour saluer le travail remarquable mené par l’Eurometropole et les communes, mais aussi par une multitude d’acteurs du territoire (assos, ESS, habitants)
  • 2ème axe : Réduire progressivement la part de l’incinération, dernier maillon de la chaîne de traitement des déchets sur notre territoire au profit d’alternatives, et donc, anticiper dès aujourd’hui un plan de sortie de l’incinération à l’horizon 2035.

Sur l’avenant en tant que tel, quelques remarques :

  • Le surcoût de ce dossier est bien sûr gigantesque (200 millions d’euros). Nous ne remettons pas en cause les travaux de désamiantage qui sont de notre responsabilité et qu’il fallait mener à bien. Par contre, et même si nous connaissons bien la complexité de ce dossier, nous avons le sentiment que du temps a été perdu, notamment en début de mandat pour agir plus vite et plus fortement. C’est dommage car avec deux années d’action supplémentaire, nous aurions pu réduire davantage la quantité de déchets, ce qui aurait limité les coûts des détournements et les camions sur les routes.
  • Alors dans 6 mois, nous aurons une belle usine toute neuve et désamiantée, qui reprendra du service. Evidemment le biais quand on met autant d’argent public dans un équipement, c’est de vouloir le rentabiliser au maximum. Et le biais quand on dispose de 3 fours d’incinération, c’est de vouloir les remplir à tout prix…
  • Monsieur le Président, en aucun cas la remise en fonctionnement de cette usine ne devra signifier un changement de cap par rapport à l’objectif de réduction des déchets sur notre territoire. Le sens de l’histoire, c’est la réduction des déchets. Pour les ménages comme pour les entreprises. Le sens de l’histoire, c’est la réduction de la part de l’incinération. L’Europe le dit (paquet circulaire europeen), l’Ademe le dit, les réseaux de collectivités le disent et les entreprises font évoluer leurs process avec le développement de l’économie circulaire.

C’est pourquoi les élu.es écologistes font 3 propositions :

  1. Avant la remise en service de l’usine, formaliser les principes que nous nous sommes fixés : principe de hiérarchie des modes de traitement, principe de proximité. Concrètement, cela signifie contrôler strictement la nature et l’origine des déchets ménagers ou issus d’activités économiques qui y seront brûlés : accès réservé aux déchets ultimes qui ne peuvent pas être réutilisés ou recyclés; accès réservé aux déchets produits à moins d’une heure de transport de l’usine. Ces principes que nous avons versés au plan régional doivent figurer dans le prochain avenant n°10.
  2. Nous demandons de muscler tous nos marchés publics sur des critères de réduction des déchets et de réemploi pour inciter les acteurs économiques à changer de pratiques. A l’heure de l’urgence climatique, il n’est plus possible de faire voyager les déchets sur des centaines de km, il n’est plus possible de brûler des ressources qui pourraient encore servir!
  3. Enfin, sur les enjeux de santé environnementale et de qualité de l’air, nous proposons que les associations puissent être associées au choix des sites de prélèvements de la qualité de l’air ainsi qu’au choix du type de polluants analysés.

Il en va de la cohérence des politiques environnementales de l’Eurométropole.

 

 

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