Une bonne gestion budgétaire, une belle notation financière… mais quels objectifs politiques pour le budget 2019 ? Conseil de l’EMS du 23/11/2018

Marie-Dominique Dreyssé, pour le groupe des élu.e.s écologistes

Monsieur le Président,

Cher.es collègues,

Le groupe des élu.es écologistes tient à saluer le travail de qualité fourni par les services de l’EMS, par la vice-présidente Mme Barrière. Nous allons débattre de l’orientation souhaitée pour le développement de nos territoires, des orientations dans la continuité pour cette dernière année pleine d’exercice de notre équipe. Ce débat, et le budget qui s’en suivra, sont entachés aujourd’hui par des incertitudes et des obligations qui découlent directement du pacte financier. Pourtant, ils doivent refléter notre volonté commune de répondre à l’urgence climatique dans un monde résolument solidaire et permettre une lecture de ces engagements.

 

Des réformes de l’Etat entachent notre sérénité budgétaire et fiscale

Cher.es collègues, nous marchons sur un fil d’équilibriste sur lequel l’Etat souffle le chaud et le froid. Il reste des incertitudes sur les modalités de compensation de la taxe d’habitation qui représente pour l’Eurométropole 34% du produit de sa fiscalité directe locale. Et enfin, il reste des incertitudes sur les dépenses de fonctionnement qui pourraient éventuellement, peut-être, être  retraitées voire retirées du cadre du pacte financier.

De plus, on nous annonce par ailleurs une réforme des finances locales, et le gouvernement cherche dès à présent à faire porter 13 milliards d’économies d’ici à 2022, il y a de quoi être inquiets.

En revanche, s’il y a bien une certitude, c’est celle de voir notre action bridée par le pacte financier malgré un budget équilibré et exemplaire.

Nous saluons la poursuite de nos investissements, des investissements qui stimulent l’activité économique locale et qui sont prévus autour de 212 M€ pour 2019, malgré les surcoûts importants liés aux accidents industriels de l’usine d’incinération et du PAPS-PCPI.

Et nos prévisions pour 2019 vont bien dans le sens de la sobriété budgétaire avec un taux d’épargne brute de 10% et une capacité de désendettement nettement en dessous des seuils d’alerte avec moins de 8 années annoncées pour 2018.

 

Mais cette excellente santé budgétaire n’est-elle pas payée au prix fort ?

Une bonne gestion, une belle notation, mais à quel prix ? Quel est le prix réel de notre AA de Fitch ? Quel est le prix réel du respect du pacte financier ?

Certes nous devons le saluer, nos indicateurs financiers et budgétaires se sont améliorés avec la maîtrise des dépenses de fonctionnement et la gestion active de la dette.

Si l’objectif initial du redressement des financements publics est louable, le gouvernement musèle bien les collectivités locales dans leurs dépenses. Et ce sont les agents de la collectivité, les services publics, les citoyens du territoire qui risquent de payer au prix fort les conséquences des baisses et du pacte financiers.

Le groupe écologiste l’a souligné à plusieurs reprises, les conditions de travail des agents de la collectivité sont une priorité. Déjà une suppression nette de 305 postes depuis 2015, mais avant d’aller plus loin, faisons une pause pour voir si l’objectif fixé de 500 suppressions nettes de postes à l’horizon 2022 est tenable. Peut-on supporter à court et à long terme que l’intérieur même de notre organisation soit balloté ? Nous interrogeons là la capacité future de notre propre administration à mener ses missions de service public et des services aux habitants avec des moyens toujours réduits. Le bien-être des agent.es, leur reconnaissance, leur montée en compétences, sont prioritaires et ces chantiers doivent être menés avec eux.

N’oublions jamais que le bien-être au travail est la meilleure condition d’un service public de qualité.

 

Renforcer et clarifier nos politiques pour porter le cap des transitions écologiques et solidaires

Aujourd’hui, le débat d’orientation budgétaire ne doit pas uniquement se résumer au débat sur la fiscalité et la gestion comptable de la collectivité. Car le budget est avant tout la traduction de nos aspirations politiques et de notre projet pour le territoire.

Le cap de l’EMS doit rester clair : plutôt qu’une teinte écologique, nous avons besoin d’affirmation et d’ambition pour la transition écologique et solidaire. Je pense à :

– La gestion de l’énergie sur notre territoire, celle des déchets,

– Une stratégie dans le logement social et accessible,

– Des transports en commun et leur développement en seconde couronne et en site propre,

– L’innovation sociale et l’emploi local.

 

C’est ce cap que devra traduire le prochain budget.

 

 

 

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