Contrat local de santé : des mesures pour la qualité de l’air intérieur ! Conseil EMS du 01/03/2019

Andrée Buchmann, pour le groupe des élu.e.s écologistes

Je ne peux que saluer la prise en compte du projet schilikois de maison de santé dans ce contrat et la reconnaissance du paramètre environnemental dans le fait d’être et de rester en bonne santé.

L’effet sanitaire néfaste  d’un milieu de vie spolié, d’un environnement intérieur dégradé, d’une alimentation industrielle et glyphosatee est démontré scientifiquement.

Mettre en place une contre-culture est une démarche  vertueuse et je remercie les élues qui se sont battues pour engager la collectivité dans cette direction. Lors de la dernière mandature, Françoise Buffet s’était fixé comme priorité de soutenir l’agriculture vivrière. Lors de ce mandat Françoise Schaetzel a pris à bras le corps le sujet de la Qualité de l’air. Merci à elles deux.

Je porterai plus particulièrement mon intervention sur la question de l’air intérieur, en tant que présidente de l’observatoire national de qualité de l’air intérieur qui a été mis en place par les pouvoirs publics en 2001 à la demande des professionnels de la santé devant l’augmentation des maladies environnementales et des professionnels du bâtiment devant l’ignorance de l’impact sanitaire des matériaux et systèmes. L’Oqai, organisme de recherche travaillant in situ,  a permis de produire et d’agréger un nombre considérable de connaissances dans ce domaine.

C’est suite aux travaux de l’Oqai qu’a été mis en place la surveillance obligatoire des lieux recevant du public, en commençant par les publics sensibles, c’est à dire les tout petits et les enfants, et qui doit s’étendre progressivement à l’ensemble des ERP.

La non prise en compte de ces questions a un coût élevé. L ’Oqai a  réalisé une étude économique en s’appuyant uniquement sur 6 polluants alors qu’il y en a des milliers. Le coût économique de non prise en compte a été évalué à 20 milliards d’euros par an pour la France.

Il s’agit de faire intégrer  ce paramètre aux aménageurs, aux maîtres d’ouvrage, aux maîtres d’œuvre, aux gestionnaires …. et de développer à nouveau une culture de l’habitat. En portant l’accent sur l’utilisation de produits faiblement émissifs, de comportements vertueux notamment sur l’importance du renouvellement d’air et de l’ouverture des fenêtres. La campagne envisagée dans l’ensemble de l’Eurometropole et l’appui qui pourra être apporté à nos communes est appréciable.

Il y a le bâti, et ce qui est alentour.

Il s’agit de maintenir espaces de nature de qualité, arbres et forêts en milieu urbain mais aussi dans nos campagnes. L’air ne s’arrête pas aux frontières d’une agglomération, aux frontières d’une ville. Alors que le basculement  climatique  est visible et que l’urgence d’agir est admise, avoir encore soutenu une infrastructure autoroutière ou être resté muet (pèche  par action ou pèche par omission) est une faute. Tout le monde énonce maintenant qu’il faut préserver la biodiversité. Couper des forêts est contradictoire. Recouvrir 24 hectares des meilleures terres agricoles d’Europe de bitume est une aberration. Agir  en faveur d’une autoroute  qui augmentera trafic et pollution est une injure à l’avenir.

 

Nos enfants, vos enfants vous accuseront!

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