SDRADDET : Une contribution ambivalente, allons plus loin dans la transition – intervention de Jeanne Barseghian

Jeanne Barseghian, Conseillère eurométropolitaine déléguée, de la commune de Strasbourg.

Conseil de l’Eurométropole du 24 novembre 217

Point 8 : Contribution de l’Eurométropole de Strasbourg au Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité entre les territoires (SRADDET).

Monsieur le Président, Mes cher.es collègues,

Cela a été dit, le SRADDET revêt une importance considérable pour l’avenir de nos territoires.

Il doit fixer un cadre commun et prescriptif à tout le Grand Est et nous engage pour une décennie, sinon plus, en matière de climat-air-énergie, transports, biodiversité, aménagement du territoire… Rien que ça !

Il s’agit donc d’un document pivot, prospectif, véritable colonne vertébrale de l’action régionale qui nous projette aux horizons 2025, 2030 voire même 2050.

Dans ce cadre, la contribution de l’Eurométropole à ce schéma est majeure. Le poids de notre métropole, en matière économique, démographique, en termes de concentration d’équipements et d’infrastructures, son rôle de capitale régionale, d’envergure européenne et internationale, de locomotive du Grand Est lui donnent, nous donnent une responsabilité particulière.

Nous avons la responsabilité d’être ambitieux dans nos objectifs de transition écologique, car l’enjeu écologique de ce document opposable aux autres documents d’urbanisme est crucial.

Mais nous avons aussi une responsabilité de solidarité vis-à-vis des autres territoires, car l’un des objectifs du Sraddet est bien l’égalité territoriale.

Nous pensons que face à ces deux défis majeurs (transition écologique et solidarité territoriale), la contribution qui nous est soumise apportent des éléments intéressants, posent des jalons mais ne va pas jusqu’au bout de la logique.

Ainsi, nous saluons et nous retrouvons globalement dans la partie 3 relative au volet climat air énergie, biodiversité et eau, et déchets qui reprend dans les grandes lignes les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés, en phase avec la loi de transition énergétique et surtout ceux de l’accord de Paris sur le climat.

Quelques réserves et points de vigilance toutefois sur cette partie :

La politique sur la qualité de l’air n’apparaît pas en tant que telle, sauf pour dire que « le GCO améliorerait la qualité de l’air » affirmation dont nous laissons la responsabilité à son auteur mais à laquelle nous ne croyons pas.

N’oublions pas que la région est cheffe de file sur l’air et que l’EMS est dynamique en matière de lutte contre la pollution de l’air.

Il serait pertinent que la prise en compte de la qualité de l’air soit mieux identifiée en tant que telle dans notre contribution.

Sur les déchets, le document rappelle les objectifs et l’esprit de notre politique « Zéro Déchet Zéro Gaspillage », la priorité qui doit aller à la réduction à la source et au réemploi. Il est également rappelé et c’est important, que si des réflexions communes sont nécessaires sur les synergies et mutualisations d’équipements entre territoires, notre métropole n’a pas vocation à suppléer les carences de toute la région et notamment des territoires qui ne feraient pas les mêmes efforts que nous.

En effet attention aux logiques de massification qui risqueraient de déstabiliser l’economie de notre territoire et de générer des nuisances supplémentaires. Nous plaidons plutôt pour des unités de petites et moyennes tailles pour limiter les transports et permettre dans la mesure du possible une valorisation locale.

Pour finir, nous regrettons que la partie 2 presente encore largement une vision où l’aérien et le routier seraient toujours l’alpha et l’omega d’une politique d’accessibilité, où le GCO serait le maillon essentiel de notre future politique de mobilité. Cette vision nous paraît non seulement dépassée, mais surtout en parfaite incohérence avec les objectifs climatiques que j’ai cités plus haut.

En conclusion, si cette contribution imprime la vision de l’Eurometropole sur l’avenir du Grand Est et pose des jalons indispensables, nous constatons que ce document n’assume pas d’aller jusqu’au bout de ses ambitions en matière de transition écologique et de développement durable.

Pourtant Nous pouvons et devons aller plus loin.

Il en va de notre avenir à toutes et tous

 

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