Non, le GCO ne permet pas d’améliorer la qualité de l’air, ni la santé publique !

Monsieur le Président, Monsieur le secrétaire général, mes chers collègues

En tant qu écologiste, mais aussi parce que je suis médecin, spécialiste de santé publique, la question qui m’interesse est la suivante : le GCO va-t-il améliorer la santé des gens, autrement dit : seront-ils moins malades de la pollution atmosphérique parce qu’on aura fait le GCO ?

ATMO GE a publié récemment une étude dans laquelle elle compare à partir de différentes simulations, prenant par exemple en compte notre PDU, le développement de covoiturage etc ,  à horizon 2021 deux situations : 1ère situation : on ne fait pas de GCO, 2ème situation : on fait le GCO. Quels sont les résultats ?

1er élément : GCO ou pas GCO, cela ne change rien à la pollution de fond, celle qu’on respire jour après jour dans notre territoire, celle qui est la plus dangereuse pour notre santé, qui est cause d’infarctus, d’AVC, de pathologies respiratoires, de cancer, bref, celle qui nous fait mourir à petit feu : 8 mois de vie en moins pour les habitants de l’EMS

De façon plus fine, que se passe-t-il pour les gens habitant à proximité de ces routes ? ce sont d’ailleurs souvent des gens plus modestes. Il n’y a pas de différence avec ou sans GCO, c’est-à-dire que, selon les normes de l’UE, il n’y a plus de population exposée à la pollution atmosphérique en 2021: étonnant ! pourquoi ? bien sûr parce que les normes de l’UE sont hautes, beaucoup moins contraignantes que celles de l’OMS. Mais c’est aussi lié à l’évolution technologique des voitures qu’on peut espérer d’ici 2021. De plus la diminution de voitures n’est pas assez significative sur l’A35

On peut encore aller plus loin et regarder ce qui sort du pot d’échappement, élément intéressant notamment si l’on veut mieux coller aux valeurs guide de l’OMS : dans ce cas, une différence minimale (1 microgramme/m3) est observé. Surtout, fait à retenir : avec le GCO, un peu moins de polluants du coté de l’A35 il est vrai , mais un peu plus à proximité du GCO : tout compte fait on n’a fait que déplacer le problème

Défendre le GCO sous prétexte qu’il va entrainer moins de dégâts sanitaires liés à la pollution apparait donc comme un mauvais argument. Je me permets d’ajouter que, lors du dernier colloque organisé par l’Eurodistrict il y a une quinzaine de jour, l’expérience de Fribourg a été présenté, ville qui a requalifié son autoroute urbaine il y a plusieurs années : conclusion : pas de modification sous l’angle de la pollution atmosphérique.

Je me permets donc de vous demander si vous avez des réponses à cette question : comment le GCO pourrait-il réduire l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique sur notre territoire ?

 

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