Strasbourg prend à cœur son rôle de bouclier social – Intervention de Marie-Dominique Dreyssé

Marie-Dominique Dreyssé, adjointe au Maire en charge des solidarités, pour le groupe des élu.e.s écologistes

Monsieur Le maire, mes chères collègues,

Lors du débat d’orientation budgétaire, nous étions plusieurs élu.es à tirer la sonnette d’alarme sur l’urgence sociale explosive, nous pouvons tous en faire le constat, la situation de terrain est très préoccupante. Nous étions plusieurs. Aussi je tiens à saluer en tant qu’adjointe au maire aux solidarité votre action aujourd’hui, Monsieur le Maire : par vos choix budgétaires 2018 l’engagement et l’investissement de la Ville  ne faiblissent pas pour la solidarité et la lutte contre les inégalités, bien au contraire, et par votre mobilisation  dans une tribune cosignée par 6 grandes villes de tout bord politique et publiée dans le journal Le Monde d’hier, en voisinage d’un dossier accablant sur notre politique nationale des migrationsvous interpelez l’Etat sur ses manquements en matière d’’hébergement et d’accueil des migrants et vous lui proposez de concourir avec lui, mais ni à sa place ni sans lui, à des réponses d’hébergement et d’accueil qui soient dignes et respectueuses de nos valeurs républicaines et humanistes.

Je tiens aussi à saluer  le soutien et le travail constructif et expert de mon collègue Syamak Agha Babaei,. Oui, Il est primordial d’agir et d’amplifier nos actions, celles du CCAS, de la Direction des solidarités et de la santé, d’autres Directions, et de soutenir le travail des associations, tout cela en lien avec l’Etat. Nous le faisons déjà, nous souhaitons le continuer dans un cadre prospectif enraciné dans notre territoire.

La question sociale, c’est d’abord le questionnement de notre humanité et de nos valeurs. A l’heure ou des néofascistes prétendent créer des pseudos bastions sociaux comme à Strasbourg depuis une semaine, à l’heure où le ministre de l’Intérieur s’immisce directement dans le champ de l’urgence, qui est pourtant sous l’autorité du ministre des solidarités et de la santé, et remet en cause l’inconditionnalité de l’hébergement en imposant le contrôle in situ par les services de l’OFII et des étranger, en contradiction avec le Code de l’action sociale et des famille,  nous envoyons un message fort de solidarité, de fraternité qui sont le socle de nos valeurs fondamentales, la fierté de notre République.

500 000 euros seront consacrés en 2018, 100 places supplémentaires créées pour l’hébergement d’urgence, une conférence de consensus sera appelée pour organiser la solidarité avec l’ensemble des acteurs y compris l’Etat. Si cela peut paraitre un minimum pour certains, c’est aujourd’hui à nouveau un pas en avant, une prise de confiance avec nos concitoyens, le début d’un processus digne fondé sur nos valeurs. C’est un choix fort !

Le président Macron lui-même s’est engagé, ici même à Strasbourg à la Cour européenne des droits de l’homme, à ce que plus personne ne dorme dehors, nous le prenons sérieusement  au mot, mais les faits ne les traduisent pas, bien au contraire. Il faut en finir avec les doubles discours et sortir des ambiguïtés. Les territoires sont en première ligne, Toulouse, Nantes, Rennes, Lille, Bordeaux, Grenoble par la voix de leur maire l’ont dit avec vous, Monsieur le Maire, et souhaitent Un réseau de villes solidaires et accueillantes, actif avec les autres réseaux et acteurs. Oui nous prenons notre part mais le pilote régalien qui est l’Etat doit en être le garant et assurer une égalité des territoires.

Vous l’avez compris, la précarité et l’urgence sont au cœur de nos préoccupations. Mais nous n’oublions que le contexte général strasbourgeois révèlent bien d’autres difficultés sociales pour lesquelles nous sommes mobilisés, en particulier pour le logement, la subsistance alimentaire ou l’emploi et l’insertion. Rappelons que 23% de nos habitants vivent sous le seuil de pauvreté, que près de la moitié des allocataires du RSA et des minima sociaux du Bas-Rhin sont strasbourgeois alors que Strasbourg ne représente que le  ¼ de la population du département.

Les budgets de fonctionnement et d’investissement aujourd’hui proposés pour 2018 restent solides. Les subventions aux acteurs associatifs sont stables, tout en permettant des innovations. Nous savons que ces acteurs sont déstabilisés aujourd’hui par les choix d’autres financiers, pourtant ils exercent souvent des missions de service public de fait, concourent à tisser le lien social, participent aux échanges, ils savent travailler en réseau d’acteurs institutionnels et associatif, avec des préoccupations et des valeurs convergentes aux nôtres. Leur intervention est précieuse et s’inscrit parfois dans des conditions difficiles, osant défricher et expérimenter de nouvelles réponses dans la proximité.

Je tiens ici à saluer les agent.es et les services de notre collectivité pour lesquels le contexte de notre collectivité contraint en matière d’emploi et de budget est bien réel,  nous devons reconnaître les efforts réalisés. Au quotidien, elles et ils accueillent, orientent, accompagnent, et construisent pas à pas avec les personnes des réponses pour un vie meilleure. Eux aussi travaillent en réseau et en partenariat. Leur tâche de service public est souvent difficile, complexe mais indispensable dans cette ville que nous souhaitons inclusive, solidaire et durable.

Un nouveau centre médicosocial sera inauguré en janvier prochain à la Robertsau, deux autres sont en chantier, l’un au Port-du-Rhin adossé au futur centre socioculturel, l’autre au Conseil-des-Quinze avec la future mairie de quartier. Les actions d’insertion en sortie de bidonvilles se poursuivent avec l’ouverture de l’Espace Joséphine Baker. L’accueil Fritz Kiener va connaître une extension, avec un espace douches et un accueil santé.

Nous continuerons à défricher les questions de l’urgence, de l’hébergement, de la précarité énergétique, de la fracture numérique pour développer des réponses porteuses d’espoir.

Très prochainement, nos échanges avec le Conseil Départemental verront leur fin et nous avons bon espoir  d’un renouvellement de  la convention de délégation de compétences qui nous lient, avec des moyens consolidés pour tous les habitants de notre cit

Je vous remercie.

 

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