Extension de la vidéo surveillance sur notre territoire : non au big brother Eurométropolitain, travaillons sur les causes de la délinquance ! Intervention d’Abdelkarim Ramdane

Abdelkarim Ramdane, conseiller eurométropolitain délégué,

POINT 9

Dispositif de vidéoprotection de l’Eurométropole de Strasbourg: rapport d’activité 2016/2017. Centre de supervision vidéo (CSV) et comité d’éthique.

 Monsieur le Président mes chers collègues La vidéosurveillance, en langage politiquement correct rebaptisée vidéo protection, continue à s’étendre cette année sur notre territoire, c’est ce que l’on peut tirer de cette communication aujourd’hui présentée. La délibération vise l’installation de nouvelles caméras et nous donne quelques éléments d’évaluation  sur les dispositifs mis en place ainsi qu’un suivi des demandes par commune. C’est un pas en avant dans la volonté de transparence que nous encourageons. Mais beaucoup d’autres éléments devraient y figurer notamment les refus d’implantation s’ il y en a eu. Peut-être, aussi une grille de lecture sur la notion d’éthique de ce qui a fondé les décisions ou non Nous avons deux interrogations : Nous nous interrogeons sur l’efficacité du dispositif et souhaitons engager un débat à partir d’un bilan « Dans plusieurs villes équipées, le nombre de délits repérés grâce aux caméras représente moins de 3 % de la délinquance de voie publique. » selon l’enquête du CNRS, par Laurent Mucchielli, Loin de tout angélisme, et si nous concevons qu’il faille une utilisation de ces dispositif de façon mesurée, à des endroits stratégiques, faut-il encore que ce soit efficace. « Il n’y a aucune étude en France qui démontre l’efficacité de la vidéosurveillance sur le plan préventif et dissuasif », je cite ici Christophe Soullez, directeur de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Il évoque seulement un effet « plumeau » : les délinquants quittent les zones surveillées pour agir ailleurs. « Les caméras ont une fonction symbolique, nous dit Dominique Pécaud, sociologue nantais spécialiste des questions de sécurité. Elles signifient : « On s’occupe de vous, n’ayez pas peur » Nous travaillons ici sur le symptôme que sont la délinquance et la violence, mais travaillons nous sur les causes ? Nous demeurons persuadés que les politiques d’actions culturelles, éducatives et associatives, de prévention, de médiation, de la présence sur le terrain et dans la durée , sont bien plus porteuses et gages de résultats dans le temps . Enfin, outre le coût estimé à plus d’1 millions d’euros en 2017, se pose la question du respect des libertés publiques. La loi anti-terroriste a inscrit dans le droit commun nombre d’éléments qui figurent  dans les textes régissant l’état d’urgence. L’arsenal en matière de sécurité est déjà large, la vidéosurveillance n’est qu’un élément de la chaine. Aujourd’hui, cette loi est vivement critiqué par nombre d’associations qui la juge disproportionnée et liberticide, je vous invite à lire les rapports de la ligue des droits de l’Homme ou Amnesty international. Mes chèr.e.s collègue.s, monsieur le Président, il est de reprendre la réflexion de fond sur cette question de sécurité afin d’éviter de tomber dans un big brother Eurométropolitain mais plutôt  d’adopter des réponses  justes, efficaces, intelligentes et respectueuses des personnes.

Je vous remercie

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