Un budget 2018 pour la transition malgré les coupes budgétaires menées par l’Etat -Intervention de marie-Dominique Dreyssé

Monsieur Le président, mes chèr.e.s collègues,

En premier lieu, le groupe des élu.e.s écologistes tient à saluer le travail effectué par les services de l’Eurométropole. Et nous notons les avancées dans la réalisation du rapport de développement durable, des avancées à amplifier dans les années à venir.

Aujourd’hui nous sommes deux ans après les engagements pris à la cop 21, une semaine après l’opération de communication planétaire du président Macron sur le climat et son « one planet summit », à la veille du plan climat 2030, et  nous allons voter notre budget, un budget qui qui ne peut que tendre vers ces objectifs, il le doit, nous nous y sommes engagés.

Ce budget est volontariste. Il se porte à un niveau élevé – 1,3 milliards d’euros avec les budgets annexes- dont le maintien de 381 millions d’euros en investissement. L’encourt de dette est sous  contrôle. Notre épargne brute est en hausse, cela révèle un bon autofinancement. Les dépenses de fonctionnement et les recettes sont stabilisées. Notre gestion active de la dette nous permet de bénéficier de taux relativement bas. En somme, le gouvernail est bien tenu, notre capacité d’action est renforcée, cela doit se pousuivre.

Malgré ça, comment ne pas être inquiet.e.s. Car, loin des belles déclarations du président de la République et des effets d’annonces enchantées, la réalité est bien brutale avec un gouvernement qui multiplie les coups de rabots budgétaires : baisse à la hussarde de la Dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle annoncée il y a  2 jours,  ponction sur les agences de l’eau, sur l’agence de la biodiversité, des maisons de l’emploi, sur les financements pour des territoires à énergie positive, les contrats aidés (plan social de 110 000 personnes), réformes de l’APL… L’addition est salée.

Et nous l’affirmons, les collectivités, l’Eurométropole n’ont pas à compenser, ni à boucher les trous causés par les orientations fiscales du gouvernement en faveur des multinationales et des plus aisés de nos concitoyens : flat tax, réforme de l’ISF, maintien du CICE, eux ne connaitront pas de disettes budgétaires.

Nous le savons, tous ces choix nationaux, mes chèr.e.s collègues, impacteront encore nos politiques publiques. Il nous faut nous souvenir que nos territoires ont déjà subi 65 millions de baisses de dotations, et on peut légitimement penser que notre collectivité a fait sa part…

Ces attaques, la mise sous tutelle de fait des collectivités à travers les pactes budgétaires imposés par l’Etat, sont autant de remises en cause de la libre administration des collectivités, cela  n’a  pas de sens.

Mes chères collègues, regardons les choses en face : qui porte aujourd’hui sur notre territoire les mobilités, le développement des transports collectifs ? Qui porte la transition énergétique ? Qui porte l’habitat ? Qui porte l’indispensable transition vers le zéro déchet ? C’est notre collectivité, ce sont nos communes, nos satellites.

Pour autant, localement le budget que nous examinons, malgré Sénerval, malgré les coupes de l’Etat, reste volontariste et ambitieux pour notre territoire.  Il reprend les  5 priorités qui fondent notre gouvernance :

  • Un habitat renouvelé et diversifié

72 millions d’euros sont consacrés à l’habitat. L’effort maintenu pour le droit au logement pour tous reste important, avec la construction de 2500 logements par an. C’est aussi la rénovation de plus de 4000 logements / an, dont 2000 logements sociaux afin de rendre l’ensemble du parc HLM efficace énergétiquement dans 10 ans.

  • Une transition écologique qui répond au défi climatique 

Un objectif clair : réduire de  40 % d’ici 2030 des émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, un levier : la réduction des déplacements automobiles, le développement massif des transports en commun et des mobilités alternatives comme le vélo, le covoiturage, etc.

C’est aussi augmenter la part des énergies renouvelables à 30 voire 40% dans la consommation d’énergie locale d’ici à 2020. La géothermie, la biomasse, le solaire, le bio-méthane, le biogaz et même l’éolien nous aideront à franchir le cap des 100% renouvelables sur l’agglomération. Des communes s’engagent, déjà, avec l’Eurométropole dans les énergies renouvelables, c’est le cas d’Illkirch et Reichstett avec le développement de la géothermie, par exemple.

  • Une politique pour un développement économique durable riche en emplois

C’est l’action portée par notre collègue Catherine Trautmann sur la feuille de route éco 2030 qui agit pour renforcer notre attractivité économique, qui soutient l’économie sociale et solidaire, qui promeut l’économie circulaire, une feuille de route qui met en avant la recherche et les solutions innovantes. On peut citer  la démarche d’écologie industrielle du Port Autonome de Strasbourg, la création du pôle Kaléidoscoop ou le SIEG (service d’intérêt économique général), par exemple.

  • L’égalité et la solidarité territoriale affirmées

Deux chiffres pour l’illustrer : 14 millions de dotations de solidarité intercommunale, 73 millions aux communes de l’EMS en attribution de compensation. Ces budgets illustrent la volonté de retisser du lien entre les territoires, d’agir pour eux. Cela passe par des actions autour du grand cycle de l’eau, je pense ici à la GEMAPI, autour de la dynamisation des circuits courts et du soutien à l’agriculture biologique. C’est encore l’objectif des réflexions et projets en cours autour des mobilités de notre territoire. Dans cette optique, le grenelle des mobilités annoncé sera un élément clé de l’année prochaine au cours duquel nous serons vigilants, en particulier pour l’amélioration de la desserte vers le nord et l’ouest de l’agglomération.

L’égalité territoriale passe aussi par une meilleure répartition des équipements communautaires. Et dans ce sens, il reste à faire une médiathèque au nord de l’Eurométropole.

  • Une fiscalité stable

Ceci vous l’aviez envisagé, Monsieur le Président, et ce budget le prévoit : pas d’augmentation des charges pour les ménages de l’Eurométropole. C’est le signe d’une gestion saine, il nous faut le souligner. Mais cette gestion rigoureuse n’est pas sans conséquences sur notre personnel qui œuvre au quotidien pour le service public rendu aux habitants de l’Eurométropole, nous saluons les efforts consentis. Et nous devons y être davantage attentifs et vigilants pour ne pas fragiliser notre administration.

Ainsi, Monsieur le président, nous voterons ce budget qui maintient le cap des transitions, prépare l’avenir et soutien le dynamisme économique de notre territoire. Nous attendons de l’Etat qu’il nous soutienne et ne sape le travail effectué ici.

Je vous remercie.

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