Droits des femmes, santé, action sociale environnement : levons le tabou des protections périodiques ! CM du 25/03/19

Monsieur le Maire, Mes cher.es collègues,

Le groupe des élu.es écologistes vous propose aujourd’hui de lever un tabou.

Nous sommes en 2019, et pourtant, on pourrait parfois se demander si nous ne sommes pas encore au Moyen-âge !

En 2019, en France, de nombreuses femmes en situation précaire n’ont pas accès à des protections périodiques faute de moyens. En 2019, en France, des femmes – sans abri, étudiantes, travailleuses pauvres, demandeuses d’emploi, détenues – vivent chaque mois leurs règles dans des conditions plus qu’indignes.

En 2019 en France, il est maintenant avéré que les protections périodiques que l’on trouve en grande surface contiennent des substances chimiques dangereuses  pour la santé.

En 2019 en France, le sujet est encore tellement tabou que ces questions de santé publique et de lutte contre la précarité restent compliquées à aborder et qu’il est difficile de trouver une information complète.

La motion que nous vous soumettons aujourd’hui a pour but de mettre fin à cette situation dans notre ville.

Les propositions que nous formulons sont le fruit d’échanges avec plusieurs associations féministes locales. Certaines ont déjà pris le sujet à bras le corps et ont lancé des initiatives comme l’installation de boîtes à dons à l’Université. D’autres aimeraient voir émerger des campagnes d’information et des actions pédagogiques sur les questions sanitaires et d’hygiène, sur les différents modes de protection et notamment sur les alternatives aux protections jetables, afin que chaque femme puisse trouver et choisir la solution qui lui convienne. Les associations nous rappellent également que ces questions concernent bien sûr les femmes, mais également des hommes trans ou des personnes intersexes ou non binaires.

En France et en Europe, des villes et territoires s’emparent déjà du sujet. Le Parlement écossais a par exemple décidé la distribution gratuite de protections hygiéniques pour les étudiantes les moins aisées. Mais les villes ne sont pas en reste : hormis l’université de Lille, les villes de Paris ou Lyon ont déjà lancé des actions.

Parce que cette question est au croisement de plusieurs compétences municipales (droits des femmes, action sociale, santé, environnement), nous pensons que notre collectivité a un rôle à jouer dans la coordination et le soutien des différentes initiatives locales de lutte contre la précarité menstruelle, voire par la mise en place d’aides directes comme nous le faisons déjà concernant l’aide alimentaire ou la précarité énergétique.

De même, sur les questions de santé publique et de réduction des déchets, la Ville peut  pousser le développement d’alternatives saines et écologiques aussi bien localement que dans les réseaux nationaux où elle siège (réseau des Villes sans perturbateur endocrinien par ex).

Nous avons donc plusieurs leviers à notre disposition pour agir.

Monsieur le Maire, mes chèr.es collègues, nous sommes en 2019, mettons fin à ces situations humainement indignes et levons ce tabou !

Motion droits des femmes_adoptée

Remonter