Pollution visuelle, encombrement… moins de publicité, plus d’espace public !

Conseil de l’Eurométropole du 05 avril 2019

Marie-Dominique Dreyssé

Monsieur le Président, chèr.es collègues,

La logique sous-tendue dans cette procédure aujourd’hui proposée pour l’attribution de la concession de service pour la gestion de A à Z des mobiliers urbains sur l’ensemble du territoire eurométropolitain -qu’il s’agisse des abris voyageurs bus/tramway, mais aussi des dispositifs d’information et de publicité commerciale sur des panneaux en proximité- pose question. Il s’agit ni plus ni moins d’une place accordée à l’appropriation privée d’une partie de l’espace public, et cela au détriment des habitants, eux-mêmes premiers consommateurs de cet espace.

Alors même qu’il y a aujourd’hui une demande forte de nature en ville, aussi bien de la part des citoyens que de nombre d’élus de notre assemblée, nous sommes confrontés à une présence importante de panneaux et de sucettes pour porter la publicité. Ils génèrent une pollution visuelle et encombrent physiquement l’espace public, qui devrait être en premier lieu considéré comme un espace de rencontres, d’échanges, de circulation et de flânerie, une véritable agora. Force est de constater que l’encombrement le gêne passablement.

De plus, force aussi est de constater que souvent la face des panneaux consacrée à l’information, qui est une contrepartie dans la concession, est mal positionnée en empêche de fait l’accès à l’information. A l’inverse du bon panneau bien positionné, bien visuel, qui lui porte la publicité commerciale. Il y a une « grugerie » semble-t-il dans cette aventure.

Bien sûr, le concessionnaire sera amené à respecter des obligations dont celles portées par le Règlement local de publicité intercommunal (RLPi) élaboré et adopté par les 33 communes de l’Eurométropole et qui permet de belles avancées. Cependant, le groupe des écologistes et citoyens avait déjà émis des réserves au RLPi qui, de facto, se retrouvent avec cette nouvelle concession :

  • Sur la sobriété : elle serait nécessaire dans notre ville car nous sommes confrontés à la même problématique et il faudrait aller vers la diminution de la prolifération publicitaire, de la pollution lumineuse de jour et de nuit afin de revaloriser notre espace public et le paysage.
  • Sur le gaspillage énergétique engendré par la publicité sur les panneaux lumineux : au moment où nous avons adopté un Plan Climat ambitieux, que nous nous engageons à diminuer notre consommation énergétique, est-il vraiment encore décent d’encourager la publicité numérique et les panneaux lumineux, qui consomment beaucoup d’énergie, peut-être autant qu’une famille complète dans sa consommation quotidienne ?

Nous pouvons demander des efforts aux citoyens, nous le faisons, mais notre collectivité, et nous l’avons dit tout à l’heure en votant le Plan Climat, doit aussi être exemplaire, irréprochable et en la matière ce n’est pas le cas.

Le groupe des élu.es écologistes et citoyen.nes voit d’autres points de vigilance, notamment sur l’absence du nombre réel de panneaux publicitaires qui sont en jeu et qui accompagnent le mobilier urbain. Ce qui pose question est aussi la durée si longue de la concession -11 ans soit deux mandats- et qui ne pourrait être revisitée que si l’on reconsidérait et revoyait le contenu du RLPi.

De fait, nous nous abstiendrons sur cette délibération.

Je vous remercie.

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