Terrains synthétiques : chaleur, biodiversité, pollution : des risques multiples pour l’environnement

Conseil municipal du 20 mai 2019

Point 30 : transformation d’une aire de grands jeux de football en gazon synthétique avec un remplissage en granulats naturels au Stade Jean Nicolas Muller, rue du Languedoc à Strasbourg,

Françoise Schaetzel, pour le groupe des élu.e.s écologistes

Certes dans le terrain synthétique proposé, il ne s’agit plus de terrain utilisant des granulats de pneus recyclés. Cependant, l’enveloppe autour des granulats coco seront utilisés, elle, utilise bien des fibres synthétiques de polyéthilène.

Certes, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) a sorti une étude récente, en aout 2018 concluant à un risque sanitaire négligeable pour les terrains synthétiques utilisant des pneus recyclés tout en appelant à la vigilance, liée au manque de connaissance et à l’accumulation chez des personnes (adultes et enfants) utilisant de tels terrains régulièrement.

Ce qui nous préoccupe davantage dans  ces terrains synthétiques, c’est leur impact environnemental et ceci sur trois points :

  • l’amplification des ilots de chaleur que de tels gazons synthétiques constituent
  • la perte de biodiversité du sol et du sous-sol
  • le largage de nanoparticules issues de l’enveloppe qu’on trouve ensuite dans le milieu naturel et aquifère.

A l’heure de l’urgence climatique, alors que l’ADEUS, avec sa cartographie des ilots de chaleur nous rend attentifs à ce phénomène, n’est-il pas paradoxal d’en rajouter une couche ? A l’heure où les efforts sont faits pour ne plus utiliser de plastique ou de produits proches, allons-nous y faire appel pour recouvrir une surface de terre, pas complètement insignifiante puisqu’elle fait plus de 1,5 hectare

Nous sommes dubitatifs d’autant plus que l’étude coût/bénéfice entre gazon naturel et gazon synthétique à laquelle a procédé l’ANSES montre peu de différences : certes, le gazon synthétique peut être utilisé plus souvent et il est vrai que c’est un argument majeur dans une ville qui se veut être modèle en matière d’activité physique et de santé. Certes il coûte moins cher à l’entretien. Mais son installation coûte plus cher, et il faut le remplacer tous les 10 ans.

Et surtout, il ne joue pas le rôle de puits de carbone comme le gazon naturel qui lui, est favorable à la biodiversité et à la régulation de la température.

Nous nous abstiendrons donc en prenant en compte que l’orientation de la ville, prise en mars 2018 est bien de privilégier les gazons naturels

J’en profite pour rappeler qu’un plan remplacement des gazons synthétiques devait être fait et qu’il serait souhaitable que nous en ayons une information sur son état d’avancement.

 

 

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