Budget 2020 : nos emprunts ne doivent pas financer massivement les énergies fossiles

Conseil de l’Eurométropole du 18 décembre 2019

Point n°1 : Budget primitif 2020 de l’Eurométropole de Strasbourg

Intervention Marie-Dominique Dreyssé, pour le groupe des élu.e.s écologistes et citoyen.ne.s

Monsieur le Président, cher.es collègues,

Lors du débat primitif sur le budget, nous parlons souvent des dépenses de l’Eurométropole, et un peu moins des recettes.

Pourtant l’enjeu des recettes est fondamental.

Bien sûr, et nous l’avons à maintes fois affirmé, doivent être détourées du pacte financier, si contraignant pour nos collectivités, autant les recettes issues des fonds européens et internationaux que celles apportées par l’Etat pour les éventuels nouveaux grands projets voulus par l’Etat lui-même ! Cela permettrait d’amplifier l’action publique en parfaite adéquation avec les enjeux locaux et des orientations européennes et même nationales! Le bon sens en quelle sorte…

Mais le véritable enjeu est ailleurs, il est essentiel et va plus loin. Ce nouvel enjeu est maintenant bien présent, c’est l’enjeu climatique. Les scientifiques nous le rappellent, il nous reste au mieux 10 ans pour répondre à l’urgence climatique et sociale.

Si nous voulons un budget vraiment climat-compatible, et c’est ce que le groupe des écologistes préconise, il nous faut pousser nos réflexions et nos actions encore plus loin et passer au crible la source de tous nos emprunts et de toutes nos recettes ?

Oui si nous voulons être exemplaires, il nous faut aussi regarder ce qu’il y a derrière l’argent que nous utilisons pour mener à bien notre transition écologique : allons plus loin et travaillons sur les produits financiers, gérés par les banques auxquelles l’Eurométropole a recours !

Nos emprunts ne doivent pas financer massivement les énergies fossiles, cela serait irresponsable car cela qui irait à l’encontre de nos objectifs climatiques et mettrait à mal notre politique en faveur du climat. Or aujourd’hui, même après l’Accord de Paris en 2015, force est de constater que les banques françaises continuent à financer ces énergies fossiles : sur 10 euros, 7 euros vont à ces énergies climaticides, et seulement 2 pour les énergies renouvelables. Pire encore, en 2017, les banques ont réduit leurs financements pour les énergies renouvelables.

Faut-il à nouveau le rappeler ? L’utilisation des énergies fossiles, responsables de 80% des émissions mondiales de CO2, est l’une des premières causes du changement climatique. Envoyons un signal, dès le niveau local, prenons nos responsabilités même si bien évidemment, et nous le concédons, cela n’est pas chose facile. Mais la Banque Européenne d’Investissement elle-même, la BEI, vient de décider en novembre 2019 de stopper le financement des énergies fossiles à l’horizon 2021 !

Pour conclure, n’oublions pas que les financements d’aujourd’hui façonnent clairement le modèle énergétique de demain. Quel niveau de cohérence voulons-nous avoir pour les habitants de nos territoires ? A cette question, une seule réponse : devenons exemplaires et exigeons de nos partenaires financiers des investissements décarbonés !

 

Je vous remercie.

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