Port du masque à Strasbourg : ne confondons pas prévention et répression

[ Communiqué de presse du 21.05.2020 ]

 

Signataires : Syamak AGHA BABAEI, Jeanne BARSEGHIAN, Marie-Dominique DREYSSE, Alexandre FELTZ, Alain JUND, Pierre OZENNE, Abdelkarim RAMDANE, Ada REICHHART, Françoise SCHAETZEL, Jean WERLEN

 

Quelques jours après l’arrêté municipal rendant obligatoire le port du masque dans les marchés, le Maire de Strasbourg a pris hier un nouvel arrêté pour étendre cette obligation au centre-ville élargi. Cette décision soulève plusieurs interrogations.

Le port du masque : un geste de solidarité

Le masque peut certes être ressenti comme contraignant voire étouffant, comme une barrière dans les interactions aux autres. Mais il faut le marteler : porter un masque réduit la transmission du virus. Le masque sert à se protéger soi-même mais surtout et d’abord à protéger l’autre de nos postillons et des gouttelettes de salive qui sont susceptibles de transmettre le virus.

 

Choisir la prévention et la pédagogie plutôt que les contraventions

Redonnons du sens au port du masque, voire du bon sens. Rien ne sert de porter un masque quand la rue est quasiment vide ou pour se promener dans des espaces verts spacieux. Son port est par contre fortement recommandé dans des espaces clos, étroits et ne permettant pas la distanciation physique.

Au lieu de multiplier les arrêtés au risque de faire émerger des tensions inutiles, actionnons ainsi ce levier pédagogique : la prévention. Dès que des lieux sont identifiés comme étant à risque, les équipes de prévention s’y déplacent pour expliquer et débattre, et ce sur tout le territoire strasbourgeois. Les gestes barrières et les mesures de protection concernent tous les quartiers de Strasbourg !

 

Intégrer tout.es les Strasbourgeois.es dans la stratégie de santé publique

Rendre obligatoire le masque au centre-ville de Strasbourg, c’est aussi interdire la fréquentation de cet espace public aux personnes n’ayant ou ne portant pas de masque. Quid des habitant.es qui n’ont pas encore reçu de masques ou n’ont pas pu se rendre à la mairie pour en trouver ?

De plus, le masque a un coût financier : de 35€ à 100€ par mois pour une famille selon Le Monde, ce qui n’est pas rien pour une famille modeste[1], mais il a aussi un coût écologique qu’il s’agisse des masques non réutilisables produits à partir d’énergie fossile, ou de ceux fabriqués à l’autre bout de la planète.

Ne faisons pas peser, une fois de plus, une décision publique sur les personnes les plus défavorisées.

Amplifions dès maintenant et rapidement les actions de prévention pour inclure tout.es les Strasbourgeois.es, en agissant avec les acteurs de terrain et dans tous les quartiers de la ville pour atteindre ensemble des résultats positifs en termes de santé publique.

Syamak AGHA BABAEI, Jeanne BARSEGHIAN, Marie-Dominique DREYSSE, Alexandre FELTZ, Alain JUND, Pierre OZENNE, Abdelkarim RAMDANE, Ada REICHHART, Françoise SCHAETZEL, Jean WERLEN

 

[1] Article du Monde du 12 mai 2020 (lien)​

Remonter