Crise sanitaire : consolidons notre budget face aux défis environnementaux et sociaux

Conseil de l’Eurométropole du vendredi 12 juin 2020

Point n°7 : Budget supplémentaire 2020          

Intervention de Danielle Dambach, pour le groupe des élu.es écologistes et citoyen.ne.s

Monsieur le Président, cher.es collègues,

Le vote du budget supplémentaire est, cette année, bien particulier. La crise sanitaire a bouleversé le monde que nous connaissions et elle a eu des impacts sur le budget supplémentaire de l’Eurométropole.

Les dépenses imprévues viennent amender le budget primitif et elles sont financées en partie par le résultat de l’exercice 2019.

Même si l’Etat a su adapter des mesures pour laisser du mou aux collectivités sur le terrain (pacte financier), beaucoup d’incertitudes restent encore sur les compensations de l’Etat aux collectivités.  La simple compensation d’une partie des surcoûts ou de perte de recettes dues au COVID19, voire la préservation de l’autofinancement, ne suffiront pas pour être au rendez-vous d’une relance durable, axée sur la transition écologique et les objectifs climatiques.

C’est bien dans ces moments de crise que l’on peut tester la solidarité budgétaire du gouvernement vis-à-vis des collectivités locales, qui sont plutôt les bons élèves de la classe sur leur gestion budgétaire et financière. Depuis 2014, l’épargne brute des collectivités locales ne cesse d’augmenter pour arriver à un record historique : cela signifie qu’elles s’autofinancent de plus en plus.

L’Eurométropole s’inscrit en France parmi les EPCI qui ont eu une gestion budgétaire exemplaire.

Comme nous l’avons vu lors du compte administratif de 2019, la santé financière de l’Eurométropole est bonne, mais il serait difficile et bien trop tôt de dire que la crise sanitaire est indolore. Le plus dur de la crise est encore devant nous.

Au niveau de l’EMS, l’impact global est de 30M€, avec un impact de 16M€ au budget de fonctionnement.

De plus, de nouvelles problématiques liées aux conséquences de la crise sanitaire se présentent : pertes de recettes fiscales, DSP, CVAE et, pas des moindres, les impacts sur les transports publics avec la baisse du versement mobilité durant cette période de pandémie de 18 M d’euros.

Il y a un gros travail à fournir sur les transports en commun pour les rendre à nouveau attractifs et éviter le report modal vers la voiture.

En ce qui concerne les mobilités actives comme la marche ou le vélo, je note les 1.5M€ dédiés à la continuité des pistes cyclables et je salue cette dépense. Donner un signal en faveur du vélo est bienvenu en cette période.

Ces impacts budgétaires ont et auront un impact à la baisse sur notre épargne brute. France Urbaine met d’ailleurs les collectivités en garde face à l’amputation des capacités d’autofinancement. La prochaine équipe aura donc fort à faire pour travailler avec ces conséquences du COVID et orienter les dépenses d’investissement.

Pour conclure, Monsieur le Président, cher.es collègues, la question des impacts de la crise sanitaire sur les budgets des collectivités est encore bien présente et nous réinterroge. Le budget supplémentaire nous permet de mettre en avant les dépenses engagées pour protéger les habitants, elles sont évidentes, nécessaires et nous y souscrivons, qu’elles soient en faveur de la Santé, du Sport, de la Culture comme les 2,3 M d’euros pour la médiathèque nord ou encore avec la participation de l’EMS au Fond de Résistance de la Région.

Cette pandémie mondiale et la crise sanitaire qui s’en est suivie, traduction de problèmes environnementaux, démontre l’importance de la résistance de notre budget face aux chocs extérieurs, mais aussi sur le service public que nous apportons aux habitants des communes de l’EMS. C’est bien là le sens de la résilience.

Si d’autres crises suivent, il est peu probable que nous tenions aussi bien. Alors anticipons davantage sur une véritable stratégie de sortie de crise autour d’activités créatrices d’emplois et de mieux vivre tels que la rénovation thermique, telles que l’économie autour de l’innovation, l’économie sociale et solidaire ou encore l’accompagnement des entreprises vers des modèles circulaires plus respectueux de notre environnement.

Et c’est en cette pleine conscience que la prochaine équipe devra relever ces défis, tout en associant l’ensemble des habitants au débat à venir, pour faire face aux défis écologiques, sociaux et démocratiques.

Je vous remercie.

 

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