Orientons l’argent public vers des projets environnementaux et de santé

Conseil de l’Eurométropole du 12 juin 2020

Point 5. Approbation du compte administratif 2019 de l’Eurométropole de Strasbourg

Marie-Dominique Dreyssé, pour le groupe des élu.e.s écologistes et citoyen.ne.s

Monsieur le Président, cher.es collègues,

Le vote de ce compte administratif 2019 de l’EMS, après celui sur 2018 que nous pensions être le dernier du mandat, permet finalement à l’équipe en place de revenir sur toutes les années du mandat et sur le travail réalisé.

Le compte administratif permet de voir la réalité des dépenses et le respect de celles-ci par rapport au cap et aux engagements fixés par le DOB.

Nous saluons ce compte administratif 2019 qui témoigne d’une situation financière saine et maîtrisée avec un résultat global de +71.4M€, bien aidé par les bons résultats des budgets annexes de l’eau et de l’assainissement.

Notre épargne brute, c’est-à-dire notre capacité d’autofinancement, n’a jamais été aussi haute depuis presque 20 ans. L’EMS bénéficie notamment d’une forte dynamique des recettes fiscales économiques. Elle suit la courbe nationale : depuis 2014, l’épargne brute des collectivités locales ne cesse d’augmenter pour arriver à un record historique. L’EMS y contribue avec une gestion budgétaire exemplaire, que notre groupe salue.

Nos investissements, avec un taux de réalisation de 83%, se sont accrus. C’est la concrétisation d’objectifs sur le territoire de l’Eurométropole, comme l’est en ce moment la médiathèque Nord (1.6M€ de mobilisés en investissement en 2019). Ces projets se concrétisent pour l’intérêt public et l’amélioration de la qualité du service rendu au public.

Ce dernier point, l’amélioration de la qualité du service public pour les habitant.es des communes de l’Eurométropole fait partie des 4 piliers que le groupe des élu.es écologistes avait promus en début de mandat lors des différents comptes administratifs, aux côtés de l’exemplarité et la sobriété, de la modération fiscale, et de la recherche de financements européens.

Toutefois, la sobriété exercée dans l’EMS ne doit pas se faire au détriment des agentes et agents de la collectivité. A quel prix, et notamment humain, s’est réalisée la contractualisation imposé par le gouvernement ? Les conditions de travail des agents de l’EMS ont été impactées et cela se répercute aussi sur le service public rendu aux habitants.

Enfin, bien sûr, notre groupe le défend depuis plusieurs années, nous avons la responsabilité d’orienter l’argent public vers des investissements qui prennent en compte les enjeux environnementaux et de santé, et de prendre le virage de la transition écologique et solidaire qui doit être la matrice de nos futurs budgets.

Deux remarques à ce sujet sur une partie du compte administratif :

  • 1/. Investir dans des projets climato-compatibles, ce n’est pas seulement investir dans des projets qui sont bons pour l’environnement, mais c’est aussi se responsabiliser sur la provenance de l’argent que nous utilisons. Si l’encours de dette du budget principal de l’EMS augmente très légèrement, l’endettement de l’EMS reste parmi les moins élevés des EPCI comparables en France, avec une 4ème place nationale, ce qui est positif.

Les documents du compte administratif permettent également d’observer la répartition de la dette par prêteurs, en clair : à qui la collectivité emprunte ? Pour 15% à la Banque des Territoires, pour quasi 15 autres % à l’Agence France Locale : des prêteurs vertueux. Mais si l’on additionne les encours de la BNP Paribas, du Crédit Agricole et de la Société Générale, ils représentent 35%, soit un peu plus du tiers de notre encours total. Nos encours à la BNP sont presque du double supérieur à ceux de la Banque des Territoires ou de l’AFL (173M€ contre 90M€). Or, faut-il le rappeler ? Comme le notent des ONG telles qu’Oxfam, les Amis de la Terre, Greenpeace, ou Notre Affaire A Tous, l’empreinte carbone des banques françaises est colossale. En 2018, les émissions de GES issues des activités de financement et d’investissement dans les énergies fossiles des 4 principales banques françaises – on y retrouve BNP Paribas, le Crédit Agricole, la Société Générale et la BPCE – ont représenté 4.5 fois les émissions de la France de cette même année (2Mds de tonnes équivalent CO2). Nous pouvons envoyer un signal au niveau local.

  • 2/. Sur la répartition de nos investissements par politique publique : +0.2M€ pour les politiques publiques sous la catégorie « Environnement », ce qui donne un total de 21.4M€, dont 17.4M€ pour la finalisation des travaux de l’usine d’incinération ou plutôt aujourd’hui de l’Usine de valorisation énergétique.

On peut aussi regretter la baisse de 6.8M€ d’investissements dans la catégorie « Transports », alors que du CA 2017 au CA 2018, on notait +9.6M€

Au vu de l’urgence climatique et des attentes des habitant.es de l’Eurométropole, cela semble encore insuffisant.

Enfin, de 23.6M€ au compte administratif 2018, on passe à 49.1M€ lors de ce compte administratif 2019 pour le volet « action économique, enseignement, formation professionnelle et apprentissage », c’est une des plus grosses augmentations liées aux concrétisations du PAPS PCPI + PEX PMC Wacken.

En conclusion, Monsieur le Président, chers collègues, le groupe des élus écologistes votera ce compte administratif qui nous rend capable de faire face aujourd’hui à la crise sanitaire qui sévit depuis mars 2020, et ce malgré un cadre national qui assujettit et infantilise les collectivités.

 

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